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Alessandro Tassoni naquit à Modène en 1565 d’une famille noble. Orphelin dès l’âge de trois ans, il fut élevé par son grand-père maternel, puis, à la mort de ce dernier, par son oncle. Il suivit des études classiques à Modène, Bologne, Pise et Ferrare, où il passa son diplôme de droit. En 1589, il se rendit à Florence où il fut reçut à l’Accademia della Crusca et, en 1599, il entra au service du cardinal Ascanio Colonna en tant que secrétaire particulier. Il le suivit en Espagne jusqu’en 1603, puis s’installa à Rome à son retour.

En 1612, la polémique qui suivit la succession de François IV Gonzague, duc de Mantoue et de Montferrat, poussa un « anonyme » à publier les Filippiche, une série de pamphlets dirigés précisément contre la domination de la péninsule par les Espagnols. Les Filippiche furent attribuées à Tassoni et, même s’il en a nié la paternité par crainte de représailles espagnoles, il entra dans les bonnes grâces du duc Charles Emmanuel Ier de Savoie qui l’engagea, en 1618, comme premier secrétaire auprès de son ambassade à Rome. C’est à cette époque qu’il fréquenta les grands intellectuels de la ville et qu’il fut élu à l’Accademia degli Umoristi. En 1620, il fut appelé à la cour de Turin, mais les jalousies et les intrigues l’en chassèrent l’année suivante. Il se retira alors de la vie politique et offrit ses services au duc de Modène, François Ier d’Este, pour lequel il travailla en tant que conseiller jusqu’à sa mort en 1635.

Son activité littéraire fut marquée par une constante tendance à critiquer la société politique et culturelle de son temps. Son ouvrage Pensées en dix livres, qui reflète le tempérament polémique et la culture de Tassoni, aborde des questions d’ordre moral, littéraire, politique ou historique.

Son chef-d’œuvre est le poème héroï-comique La secchia rapita (Le Seau enlevé) écrit en 1624, en douze chants, qui évoque les péripéties grotesques d’une guerre entre Bologne et Modène au XIIIe siècle. Mobilisant tout l’Olympe homérique à propos d’un vieux seau volé dans un puits bolonais, l’auteur y fustige les querelles municipales de son temps, tout en parodiant les imitateurs des écrits épiques du Moyen Age, comme Torquato Tasso dans La Jérusalem délivrée.

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