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Carlo Goldoni naquit en 1707 à Venise. Très tôt, il fut attiré par les spectacles de marionnettes, mais son père, apothicaire, le destinait à des études classiques. Il fit ses classes chez les Jésuites à Perugia, puis chez les Dominicains à Rimini. Mais rien ne l’intéressait d’autre que le théâtre et il s’enfuit avec une troupe de comédiens. A son retour à Venise, son père lui fit faire un stage chez un avocat, puis l’inscrivit, en 1723, au très sévère collège Ghislieri de Pavie. Il n’y resta que trois ans avant de se faire expulser pour avoir écrit un poème satirique, Il Colosso, sur la mentalité des jeunes filles de bonne famille de la ville. Il poursuivit alors ses études à Padoue, où il passa sa licence de droit, puis revint à Venise en 1729 et ouvrit sa propre étude. A la mort de son père en 1731, il abandonna sa carrière et décida de se consacrer à l’écriture.

Dans les premières années, il s’exerça dans plusieurs styles: la tragédie, le mélodrame sérieux, le mélodrame bouffe, l’opéra et la comédie, mais seule cette dernière lui apporta le succès. En fait, dans sa jeunesse, il avait appris le français pour lire Molière dans le texte et surtout connaissait bien le répertoire de la commedia dell’arte, alors très en vogue en Italie, et il trouva sa voie dans la caricature de la vie quotidienne à Venise. Son premier succès vint avec Il Belisario en 1734. Son Momolo cortesan, écrit en 1738, marque la naissance de la comédie italienne moderne, car pour la première fois le rôle du protagoniste y est entièrement écrit, ne laissant plus autant de place à l’improvisation.

Pendant plusieurs années, il améliora ce style, transformant peu à peu le canevas classique de la commedia dell’arte en des comédies réalistes, avec des personnages plus élaborés que ne l’étaient traditionnellement Colombine, Arlequin ou Pantalon. En 1743, s’inspirant de Molière et de Marivaux, il écrivit pour la première fois une comédie de bout en bout: La donna di garbo. Mais cette même année, poursuivi par ses créanciers, il dut fuir Venise et s’installa à Pise où il reprit son métier d’avocat.

En 1748, il revint à Venise et fut engagé par Girolamo Medebach pour être l’écrivain du théâtre Sant’Angelo de Venise. Il y resta pendant cinq ans et ce fut la période la plus prolifique de sa vie. De 1753 à 1762, il travailla au théâtre San Luca (actuel théâtre Carlo Goldoni). Tout en continuant à écrire des comédies en prose, il ouvrit son répertoire en écrivant des comédies larmoyantes, des comédies en vers, des tragédies romanesques en vers et des tragédies classiques, soit en italien, soit en dialecte vénitien.

Goldoni dut faire face aux critiques de deux importants rivaux: le comte Carlo Gozzi – un pamphlétaire défenseur de la commedia dell’arte traditionnelle – qui se déchaîna contre le réalisme des comédies goldoniennes; et l’abbé Pietro Chiari – partisan d’une réforme du théâtre plus radicale que celle initiée par Goldoni – qui l’accusait de complaisance envers les comédiens ignorants.

Fatigué de ces querelles qui l’accaparèrent pendant plus de dix ans, Goldoni accepta en 1762 l’offre qui lui fut faite de reprendre la direction de la Comédie-Italienne à Paris. Il y resta deux ans avant d’obtenir une place de professeur d’italien à la cour de Louis XV. Il continua à écrire, mais en français, et composa ses Mémoires de 1784 à 1787. Elles furent éditées en trois volumes avec une dédicace à Louis XVI et une préface dans laquelle il exprimait sa gratitude pour la France.

Après la Révolution française, en 1792, l’Assemblée législative décrèta la suppression de toutes les pensions de la cour. Goldoni, malade et presque aveugle, se trouva réduit à l’indigence et il mourut dans son domicile parisien le 6 février 1793 sans-le-sou.

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