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Il Ferroviere (Le Disque Rouge en français) est un film italien réalisé par Pietro Germi en 1956. Le scénario a été écrit par Alfredo Gianetti, en collaboration avec Germi et Luciano Vincenzoni.

Le film raconte le lent déclin d’un homme sans ami et dont la famille vole en éclats. Andrea Marcocci a travaillé toute sa vie comme cheminot, mais se sent seul parmi ses collègues de travail. En plus, ses enfants le déçoivent: son fils rêve d’une vie différente de celle de son père, mais ne fait rien pour l’obtenir, et sa fille quitte l’homme que son père l’avait forcée à épouser. Andrea reproche à sa femme, une épouse traditionnelle et aimante, d’être responsable des tensions familiales. Il s’adonne de plus en plus à la boisson et se replie sur lui-même. Un jour, un inconnu se suicide sous son train. Perturbé par cet accident dont il n’est pas responsable, il ne voit pas un feu rouge et évite de justesse une collision avec un autre train. Rétrogradé dans des tâches de gestion ferroviaire secondaires, il se sent abandonné par tous. Mais lorsqu’il apprend qu’il est atteint d’une grave maladie cardiaque, il retrouve l’affection de sa famille et de ses amis et comprend que la cause de sa solitude était due à son intransigeance et à sa fermeture au monde qui évoluait autour de lui. Il reprend sa guitare pour chanter son amour à sa femme qui ne l’a jamais abandonné, mais la mort le rattrape.

Ce mélodrame mélancolique et touchant apporte un regard sur la misère sociale et intime d’une génération prolétaire qui sort de la guerre et qui lutte pour s’en sortir dans le monde du travail et de la famille. Germi dresse le portrait d’un travailleur auquel il n’attribue que vaguement les caractéristiques idéologiques de la classe ouvrière, afin de mieux le tremper dans les vicissitudes toujours en mouvement de la réalité. En ce sens, la prise de conscience d’Andrea de l’inutilité de son individualisme et de ses ambitions face à la réalité de la vie est fondamentale. En plus, Germi évite de sombrer dans la sentimentalité bon marché en attribuant à ses personnages des dialogues et des comportements réalistes, proches de ceux que vivaient les spectateurs.

Certains critiques, pour qui la liberté d’expression et le non-conformisme de Germi étaient dérangeants et trop désinvoltes, l’ont accusé de sentimentalisme et d’utiliser un ton mélodramatique, mais ils n’ont pas compris que la vision du monde d’Andrea était celle qui régissait alors la société d’une manière instinctive et fortement passionnée. En effet, l’histoire, si riche en émotions, n’apparaît pas à la fin mielleuse, mais au contraire sincère et authentique.

Il Ferroviere fut très bien reçu par le public et fut récompensé du Nastro d’argento du meilleur film en 1956. A l’étranger, il obtint la mention spéciale pour Pietro Germi au Festival de Cannes et reçut trois coquilles au festival international du cinéma de San Sebastián.


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