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La République de Lucca est un ancien état de la péninsule italienne, indépendante pendant presque sept siècles de 1119 à 1805. Au XIe siècle, la ville de Lucca et ses environs étaient possédés par Mathilde de Toscane qui les avait hérités libres de tous devoirs féodaux. A sa mort, en 1115, n’ayant plus de suzerain au-dessus d’eux et ayant reçu l’accord de Henri V du Saint-Empire, les citoyens se réunirent et établirent, en 1119, une charte qui érigea le territoire en commune libre.

Au début du XIVe siècle, la ville fut prise dans les luttes qui opposaient les Guelfes et les Gibelins et tomba à plusieurs reprises sous la domination de condottieri de l’un ou de l’autre camp. Cette période d’anarchie cessa en 1370, lorsque l’empereur Charles IV imposa la paix et rétablit la république. La ville mena alors une politique étrangère prudente et prospéra grâce à ses filatures de soie, qui rivalisaient avec celle de Byzance, et à ses banquiers.

Au XIV, elle tomba sous la domination de la famille Guinigi qui réduisit les libertés et s’engagea dans une guerre, aux côtés des Visconti du duché de Milan, contre sa grande rivale: Florence. En 1438, elle signa un traité de paix, mais subit une diminution de ses territoires.

A partir de ce moment, Lucca évita toute participation dans une guerre et privilégia les ambassades diplomatiques ou l’espionnage. Lors du passage en Italie du roi Charles VIII de France, elle saisit l’occasion pour nouer des contacts commerciaux avec les marchands français et établit des comptoirs de soie à Lyon. Dans le même temps, craignant l’ambition des Médicis de Florence, elle commença la construction de remparts pour protéger la ville contre une éventuelle attaque militaire.

En 1556, afin d’éviter autant que possible toute menace d’ingérence étrangère, elle introduisit une réforme dans la structure gouvernementale afin que seuls les membres de certaines familles de Lucca puissent accéder au pouvoir. Elle devint ainsi la Serenissima Repubblica Lucense, une république aristocratique.

La Réforme protestante atteignit Lucca grâce aux marchands qui rapportèrent de l’étranger les théories de Martin Luther. Les aristocrates et la bourgeoisie furent touchés par cette nouvelle doctrine et accueillirent favorablement plusieurs prédicateurs. Ce n’est que vers 1536 que les autorités religieuses firent pression pour que les hérétiques soient expulsés et que commença alors l’exode des premières familles nobles vers Genève, Anvers ou Lyon. Cependant, la petite république sut conserver son indépendance face au pape en empêchant l’établissement des Jésuites et de l’Inquisition sur ses terres.

L’indépendance de la république prit fin avec l’entrée des troupes de Napoléon dans la ville en février 1799. Les jacobins français créèrent une république centralisée, l’Etat de Lucca, avec une constitution démocratique, un directoire exécutif et deux chambres parlementaires. Cinq mois plus tard, après le départ des Français, les troupes autrichiennes envahirent la ville et installèrent une régence provisoire. A la fin de 1800, les troupes françaises reconquirent la ville et rétablirent l’Etat de Lucca, avec une nouvelle constitution. Le 23 juin 1805, Napoléon donna la gouvernance de la ville à sa soeur Elisa, signant ainsi la fin de la République de Lucca.

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