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N.B. cet article fait partie d’une série de treize sur la première guerre d’indépendance italienne.

Le lendemain de l’évacuation des troupes autrichiennes de Milan, le 23 mars 1848, le roi de Sardaigne, Charles-Albert de Savoie, déclara la guerre à l’Autriche. Le gros de l’armée autrichienne, commandée par le maréchal Joseph Radetzky, s’était réfugié dans le « quadrilatère » formé par les forteresses de Peschiera, Mantoue, Legnago et Vérone. L’armée de Charles-Albert se dirigea vers Peschiera et traversa le Tessin le 25 mars. Le 29, elle atteignait Bozzolo. Elle remonta le Mincio, prenant les ponts sur son passage et commença le siège de Peschiera le 13 avril. A partir du 26 avril, elle traversa le Mincio et avança en direction de Vérone, formant une ligne entre le lac de Garde et l’Adige, afin de couper les communications entre la forteresse assiégée de Peschiera et Vérone.

Un peu plus au nord de cette ligne, sur la droite de l’Adige, les Autrichiens tenaient deux collines, Bussolengo et Pastrengo, qu’il était impératif pour les Piémontais de prendre s’ils voulaient assurer l’isolement de Vérone par rapport à Trente et au Tyrol. A l’annonce du passage du Mincio par les Piémontais, Radetzky avait envoyé trois bataillons sur chacune des collines pour renforcer leur position. En tout, les Autrichiens avaient 7 000 fantassins, 2 200 cavaliers et 24 canons. En face, le IIe corps d’armée de Charles-Albert était composé de 12 000 fantassins, 2 500 cavaliers et 36 canons.

Le 30 avril, Charles-Albert ordonna au général Hector Gerbaix de Sonnaz de charger contre les deux collines. Avec le premier ministre Cesare Balbo, le ministre de la guerre Antonio Franzini et une escorte de 280 carabiniers à cheval, en uniforme de parade, commandés par le général Alessandro Negri di Sanfront, il décida de suivre de près l’évolution de la bataille et choisit comme point d’observation la colline de Vallina, puis se dirigea vers la colline de Le Bionde.

A mi-chemin, son avant-garde composée d’une douzaine de carabiniers tomba sur une unité autrichienne. Le général di Sanfront, comprenant immédiatement que la sécurité du roi était en danger, chargea à la tête de ses troupes. Le roi et son état-major se lancèrent à sa suite et participèrent à la bataille. Ils réussirent à repousser les Autrichiens et ce fait d’armes est considéré comme l’un des plus beaux des carabiniers.

Après huit heures de combat, les Piémontais parvinrent à prendre Pastrengo et les Autrichiens se replièrent sur Vérone. La dernière garnison autrichienne encore en place à Bussolengo battit en retraite le lendemain matin, dans l’impossibilité de maintenir sa position défensive.

Le passage de l’Adige était ouvert et la campagne pour la prise de Vérone pouvait commencer. La bataille de Pastrengo fut la première entre les deux armées et marqua le début de la première guerre d’indépendance italienne.

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