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N.B. cet article fait partie d’une série de treize sur la première guerre d’indépendance italienne.

Au début de la guerre d’indépendance, les Piémontais assiégeaient la forteresse de Peschiera, tenaient les ponts du Mincio et s’étaient avancés jusqu’à la rive droite de l’Adige, alors que l’armée autrichienne s’était d’abord réfugiée dans le quadrilatère de Peschiera, Mantoue, Legnago et Vérone, dans l’attente des renforts, avant de sortir des forteresses et d’essayer de reprendre du terrain.

Fin mai 1848, le contrôle du pont de Goito sur le Mincio devint une nécessité pour les deux parties. Si les Piémontais perdaient ce pont, ils risquaient de perdre également les autres ponts et de se retrouver ainsi coupés en deux par la rivière. Quant aux Autrichiens, ils voulaient reprendre le contrôle de cette région afin de soulager le siège de Peschiera.

Grâce à l’action des volontaires toscans et napolitains le 29 mai à Curtatone et à Montanara, Charles-Albert de Savoie avait eu le temps de réunir un peu plus de la moitié de son armée, soit environ 23 000 hommes, à Goito et de les disposer stratégiquement en deux lignes: la première s’étirant du Mincio en direction de l’ouest et la deuxième positionnée sur les hauteurs entourant Goito. Le maréchal Joseph Radetzky arriva de Curtatone avec les deux tiers de son armée, soit 44 000 hommes, mais il commit l’erreur de les diviser en deux, en envoyant le Ier corps et le corps de réserve à Goito, et le IIe corps et la cavalerie à Ceresara, une localité située trop loin pour pouvoir participer à la bataille.

Celle-ci se déroula le 30 mai avec des percées des deux côtés, sans que vraiment l’une des parties prenne avantage sur l’autre. A la fin de la journée, les deux adversaires se retirèrent dans leurs positions initiales. Mais les Italiens eurent l’avantage psychologique d’apprendre la nouvelle de la reddition de la forteresse de Peschiera survenue le jour-même. Le lendemain, le mauvais temps empêcha la reprise des combats. Le 2 juin, incapable de briser la défense piémontaise, Radetzky se retira vers Vicenza pour y supprimer l’insurrection qu’il n’avait réussi à réprimer le 24 mai.

La bataille fut un match nul tactique, aucune des deux parties ne parvenant à surmonter l’autre. Comme l’armée piémontaise garda le contrôle du champ de bataille et Radetzky n’avait pu sauvé Peschiera, la bataille fut considérée comme une victoire italienne. Elle a malheureusement bercé le commandement piémontais dans un faux rêve de parité militaire avec l’armée autrichienne, qui se brisa lors de la bataille de Custoza en juillet 1848.

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