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N.B. cet article fait partie d’une série de treize sur la première guerre d’indépendance italienne.

Au début de la première guerre d’indépendance en 1848, les forces autrichiennes s’étaient réfugiées dans le quadrilatère fortifié de Peschiera, Mantoue, Legnago et Vérone, alors que l’armée piémontaise avait avancé jusqu’à la rive occidentale de l’Adige tout en assiégeant la forteresse de Peschiera. A la nouvelle que des volontaires toscans et napolitains étaient en route pour soutenir l’action des Piémontais, le maréchal Joseph Radetzky décida de sortir ses hommes de Mantoue pour leur barrer le passage.

Il se positionna dans deux villages près de Mantoue: à Curtatone avec deux brigades composées d’un total de 8 500 hommes et 24 canons; et à Montanara avec deux autres brigades de 8 000 hommes et 22 canons. Une cinquième brigade d’environ 5 000 hommes fut dirigée vers San Silvestro, à quelques kilomètres de Montanara. En face, le général de Laugier commandait une division de 6 000 hommes dont 450 volontaires toscans des universités de Pise et de Sienne dirigés par leurs professeurs, un régiment d’infanterie toscan et un bataillon de volontaires napolitains.

Le 29 mai 1848, les deux forces s’affrontèrent dans un combat très inégal. En dépit de l’immense supériorité des Autrichiens, les Italiens se battirent avec courage, résistant aux brigades autrichiennes pendant toute la journée avant de se replier vers Goito pour éviter l’encerclement. A Montanara, par contre, les Italiens subirent de nombreux assaults et furent débordés par les Autrichiens. Le corps expéditionnaire toscan subi de lourdes pertes avec 168 morts, 500 blessés et environ 1 200 prisonniers.

Malgré la victoire des Autrichiens, la forte résistance permit à l’armée piémontaise de s’organiser et de se regrouper, conduisant, le lendemain, à la victoire des Italiens à Goito. Et même si, du point de vue militaire, la bataille de Curtatone et Montanara fut un événement secondaire dans la guerre entre le Piémont et l’Autriche, elle prit immédiatement une signification symbolique qui transcende son importance militaire. Les jeunes volontaires toscans et napolitains, mal équipés et sans formation, et les troupes régulières en grave infériorité numérique tinrent tête pendant une journée entière à l’une des armées européennes les plus puissantes et les mieux organisées, ce qui montre toute la valeur de la jeunesse émergente de la péninsule italienne et la force des idéaux qu’elle poursuivait.

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