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N.B. cet article fait partie d’une série de treize sur la première guerre d’indépendance italienne.

L’armistice signé le 9 août 1848 entre l’Empire autrichien et le royaume de Sardaigne ne dura que sept mois. Les principaux protagonistes, le maréchal Joseph Radetzky et le roi Charles-Albert de Savoie, savaient que la trêve était temporaire en raison de l’absence d’une défaite décisive.

Les hostilités reprirent lorsque les Autrichiens s’emparèrent de la ville fortifiée de Mortara le 12 mars 1849, à la suite de quoi, les deux armées s’affrontèrent à Novarre le 22 mars. Radetzky avait dû dégarnir ses garnisons de province pour renforcer son armée et n’avait laissé au château de Brescia que 300 hommes. Le ressentiment contre l’occupant autrichien n’avait pas changé depuis le printemps de l’année précédente et la municipalité prit l’initiative de l’insurrection qui débuta le 23 mars, sans savoir que les Piémontais avaient été défaits la veille à Novarre.

Le chef de l’insurrection, Tito Speri, usa comme prétexte une amende que la ville devait payer aux Autrichiens à cause de l’hostilité de la population contre les troupes. Il incita le peuple à descendre dans la rue pour protester. Le lendemain, la garnison autrichienne réagit immédiatement en bombardant la ville depuis le château. Le 25 mars, la situation était au point mort: les Bresciani renforcèrent leurs défenses, alors que les Autrichiens attendaient les renforts en provenance de Mantoue sous le commandement du général Johan Nugent. Le 26, les renforts furent arrêtés à l’extérieur de la ville par une délégation menée par Speri qui essaya de parlementer. Nugent exigea l’arrêt des combats, mais Speri refusa. Le lendemain, les bombardements sur la ville s’intensifièrent, infligeant de profonds dégâts. Quant aux renforts, ils ne purent prendre la porte Torrelunga et se retirèrent à Sant’Eufemia. Du 28 au 30, les combats continuèrent et les insurgés perdirent du terrain. Le 30, la ville était complètement encerclée et sous les bombardements intensifs des Autrichiens.

Le 31 mars, le général Julius von Haynau arriva avec des renforts de Padoue et prit le commandement des troupes autrichiennes. Il appela à la reddition sans condition des insurgés, mais ces derniers répondirent par le cri « Guerra! » en faisant sonner toutes les cloches de la ville. Les combats et les bombardements reprirent de plus belle. Pendant la nuit du 31 mars au 1er avril, le comité de défense se réunit et accepta la reddition sans condition.

Le 1er avril, les troupes autrichiennes entrèrent dans la ville, infligeant une répression féroce contre les Bresciani, ce qui valut à von Haynau son surnom de « hyène de Brescia« . Le général Nugent mourut quelques jours plus tard suite à une blessure reçue pendant les combats. Quant à Speri, il s’enfuit au Tessin, puis revint à Brescia après l’armistice. Il fut découvert, arrêté, puis exécuté en 1853 à Belfiore.

Les pertes du côté des habitants ne sont pas connues exactement, mais on parle d’un millier de morts. Environ 80 patriotes furent exécutés. Brescia fut la troisième ville à recevoir la médaille d’or comme méritante de la Résurrection nationale et reçut le surnom de « La lionne d’Italie« .

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