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N.B. cet article fait partie d’une série de treize sur la première guerre d’indépendance italienne.

Après des années de luttes entre la papauté et les grandes familles de la ville, Bologne entra définitivement dans les Etats pontificaux au début du XVIe siècle. En 1796, elle fut prise par les troupes de Napoléon Bonaparte, puis devint la capitale de la république cispadane, avant de réintégrer les Etats pontificaux lors du congrès de Vienne de 1815. Pendant les premiers mois de la guerre d’indépendance, elle n’avait pas été inquiétée, mais sa situation changea après le retrait des troupes piémontaise de la Lombardie pendant l’été 1848.

Après la bataille de Goito le 30 mai 1848, la position stratégique des Autrichiens fut renforcée par l’arrivée d’un corps d’armée du Tyrol. Cela leur permit de reconquérir Vicenza le 10 juin et de reprendre l’offensive en battant l’armée piémontaise les 23-25 juillet dans une série de combats à Custoza. La Lombardie devenant trop difficile à défendre sans le soutien du pape Pie IX, qui avait désavoué la guerre contre l’Autriche, et sans l’aide des Napolitains, qui avait été rappelés par Ferdinand II des Deux-Siciles, l’armée piémontaise commença une retraite pour garantir la protection de ses propres frontières. Une dernière bataille entre les deux armées eut lieu à Milan, le 4 août, où Charles-Albert de Savoie fut obligé de demander un armistice.

Les Autrichiens, qui avaient ainsi l’assurance de retrouver les frontières établies en 1815 par le Congrès de Vienne, se tournèrent alors vers Modène et Parme pour y réinstaller les ducs qui avaient été déposés. En traversant le Pô, ils voulaient créer une zone qui consoliderait et protégerait le royaume de Lombardie-Vénétie des mouvements insurrectionnels en provenance du sud.

Le 28 juillet déjà, une petite unité autrichienne s’était dirigée vers Ferrare, mais elle avait été repoussée en chemin par les habitants de Sermide, près de Mantoue. Après le 4 août, renforcé par des unités dégagées du conflit en Lombardie, le général autrichien Welden s’avança vers Ferrare, puis vers Bologne. Son avancée se caractérisa par des saccages et des pillages, exigeant des habitants de fortes sommes d’argent sous la menace de laisser ses troupes se rapprovisionner elles-mêmes.

A leur arrivée à Bologne, les troupes autrichiennes campèrent à l’extérieur de la ville. Mais profitant d’un incident mineur entre l’un de ses officiers et un commerçant, Welden ordonna à ses troupes de pénétrer dans la ville. La ville n’était défendue que par les carabiniers, la garde des finances et la garde civique. L’ensemble de la population se souleva pour repousser les attaquants et les Autrichiens furent contraints de se replier en direction du Pô le 9 août. La violence des combats fit 110 morts du côté des habitants et 170 du côté des Autrichiens.

Le pape Pie IX protesta énergiquement contre l’invasion autrichienne et déclara « que la conduite de Monsieur Welden est jugée par sa Sainteté comme hostile au Saint-Siège et à Notre Seigneur. » Les habitants reçurent le soutien du ministre de l’Intérieur du gouvernement pontifical, le comte Odoardo Fabbra, qui parla d’arrogance, de l’insolence étrangère, d’héroïque défense et d’attentat contre les États pontificaux. La ville se vit décerner la médaille d’or de méritante de la Résurrection nationale.

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