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Antonio Pigafetta fut non seulement l’un des dix-huit survivants de l’expédition autour du monde de Magellan de 1519-22, mais il fut aussi celui dont le journal permit de connaître le récit détaillé et complet du voyage.

On ne sait pas grand-chose de la vie de Pigafetta. Il serait né aux environs de 1491, probablement à Vicenza, d’une riche famille noble. Dans sa jeunesse, il étudia l’astronomie, la géographie et la cartographie. On sait qu’il est venu en Espagne en 1519 comme secrétaire particulier du nonce apostolique Monseigneur Francesco Chieregati. Grâce à une lettre de recommandation de ce dernier, il se fit engager dans l’expédition comme homme de confiance de Magellan.

L’expédition partit le 20 septembre 1519 de Séville composée de 5 navires et 420 hommes et atteignit le continent sud-américain en décembre 1519. Magellan décida d’hiverner en Pantagonie où Pigafetta décrivit en détail la « mutinerie de Pâques » du 31 mars 1520. Le détroit de Magellan fut passé entre le 21 octobre et le 28 novembre 1520. Ce fut la première fois que des Européens atteignaient la Terre de Feu. Magellan nomma l’océan de l’autre côté du cap Pacifique en raison de la tranquillité de ses eaux. L’expédition mit plus de trois mois à atteindre les îles Mariannes et Guam. Pigafetta décrivit par le menu les conditions de vie pendant ces longs mois, les maladies, la détérioration de la nourriture et les tentatives désespérées pour trouver de l’eau. Par chance, l’équipage ne fut pas décimé par le scorbut et seuls 9 hommes moururent.

Le 17 mars 1521, Magellan arriva à l’archipel des actuelles Philippines et Pigafetta raconta comment, le 25 avril, une expédition armée fut menée contre le roi Lapu-Lapu de Mactan qui refusait de se soumettre, comment Magellan y fut tué et comment lui-même y fut blessé par une flèche empoisonnée. Cette blessure d’ailleurs lui sauva la vie, car il ne put se rendre au piège du « banquet de Cebu » organisé par le roi Humabon où vingt-six marins furent tués.

A cause des maladies, des mutineries, des désertions et des agressions, l’équipage n’était plus composé que de 113 hommes. Le nouveau capitaine, Juan Sebastián Elcano, continua la route avec seulement deux navires et donna à Pigafetta la responsabilité des relations avec les populations indigènes. Six mois plus tard, le 6 septembre 1522, trois ans après son départ, seule La Victoria rentrait au port avec à son bord les dix-huit hommes à avoir réussi le premier tour du monde.

Les nombreuses et méticuleuses données que Pigafetta recueillit concernant la géographie, le climat, la flore, la faune et les habitants des lieux que l’expédition visita furent inestimables pour les futurs explorateurs et les cartographes, principalement grâce à l’ajout de données nautiques et linguistiques, et son style vivant et détaillé fut largement étudié par les historiens modernes. Le seul autre écrit du voyage fut le journal de bord officiel tenu par Francisco Albo.

A son retour, Pigafetta se rendit à Venise pour rédiger son ouvrage Relazione del primo viaggio intorno al mondo. Mais en raison de la nationalité portugaise de Magellan, la cour d’Espagne voulut minimiser son rôle et elle ignora l’ouvrage de Pigafetta. Pendant des années, ce fut la Lettre de Maximilianus Transylvanus publiée en janvier 1523 sur la base des témoignages des rescapés qui fut la source principale d’information sur l’expédition. Il existe quatre manuscrits illustrés du récit de Pigafetta, tous des copies d’un original perdu. Trois sont en français, le quatrième exemplaire, en italien, daté de 1525, est le plus sûr et le plus complet.

En 1524, Pigafetta fut adoubé chevalier de Malte. Le reste de sa vie nous est inconnu.

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