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La fondation du village de Ninfa remonte à l’époque romaine. Il se trouvait sur les rives du lac Ninfa, le long de la via Appia. Au VIIIe siècle, la voie romaine devint impraticable à cause de l’avancée des marais et du manque d’entretien, et le trafic commercial fut détourné sur la route qui traversait Ninfa. L’imposition d’un péage s’avéra être une grande source de richesse pour le village qui devint rapidement une petite ville.

Entre le Xe et le XIe siècle, la ville appartenait à l’Eglise, mais en 1116, le pape Pascal II garantit l’autonomie aux habitants en contrepartie de leur loyauté envers l’Eglise et certaines charges financières. Lors de la lutte entre l’Empire et la Papauté, le pape Alexandre III s’y réfugia contre les armées de Frédéric Ier Barberousse et il s’y fit couronné en 1159. En représailles, l’empereur mit à sac la ville en 1171. Elle fut rachetée par la famille Caetani qui la reconstruit et l’agrandit pour en faire une ville prospère avec des remparts, un château, une tour, un palais municipal, un moulin, des hôpitaux, des églises et des arcades commerciales. Mais elle devint vite l’objet de luttes intestines entre les différentes familles de la région et elle fut détruite lors d’un siège en 1382. Quelques paysans y restèrent pour cultiver la terre, mais l’avancée des marais et le paludisme les en chassèrent rapidement et Ninfa fut abandonnée.

Voici comment la décrit l’historien allemand Ferdinand Gregorovius au XIXe siècle: «Voici, Ninfa, voici les fabuleuses ruines d’une ville avec ses remparts, tours, églises, monastères et des maisons situées à moitié submergée dans le marais, ensevelie sous le lierre très épais. En vérité, cet endroit est plus beau que Pompéi, où les maisons s’élèvent raides comme des momies sortis de la cendre volcanique. »

A partir de 1921, alors que les marais pontins étaient asséchés par le gouvernement, Gelasio Caetani commença à nettoyer la zone et à restaurer quelques ruines, en particulier la tour et le palais municipal pour en faire sa résidence d’été. Avec l’aide de sa mère, Ada Wilbraham Caetani, qui avait déjà créé un jardin botanique à Fogliano, il planta diverses espèces botaniques qu’il avait rapportées de ses voyages à l’étranger et qui se développèrent facilement grâce au climat chaud et humide. Les travaux continuèrent sous la direction de la femme de son frère, l’américaine Marguerite Chapin Caetani, et de sa nièce, Leila Caetani Howard, qui donnèrent au parc son aspect romantique de jardin à l’anglaise. Elles firent nettoyer et consolider les ruines, restaurer les fragments de fresques encore visibles sur les murs, nettoyer la rivière et le lac, et construire un système d’irrigation qui couvrent l’ensemble du parc. Puis elles plantèrent un millier de plantes venant du monde entier et peuplèrent le lac et les rivières de diverses espèces de poissons. Ninfa accueillit plusieurs visiteurs de marque comme Gabriele d’Annunzio et Boris Pasternak. Benito Mussolini le visita en 1935 lors d’un séjour dans les marais pontins. En 1976, le WWF créa une oasis pour le repos et la nidification des oiseaux lors des migrations entre l’Europe et l’Afrique. On y recense plus d’une centaine d’espèces différentes. En 2000, le site fut déclaré monument naturel et en 2008, le New York Times le proclama le plus beau jardin du monde.

Leila, dernière héritière d’une famille séculaire, créa juste avant sa mort une fondation en l’honneur de son père, Roffredo Caetani, pour conserver la mémoire de la famille Caetani, préserver le château familial de Sermoneta et maintenir la beauté et la rareté du parc de Ninfa.

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