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Considéré par certains comme le meilleur footballer italien de tous les temps, Valentino Mazzola était le capitaine et le symbole du Grande Torino, l’équipe reconnue comme la plus forte du monde à la fin des années 40 et qui disparut tragiquement dans sa quasi totalité lors de l’accident d’avion de Superga, le 4 mai 1949.

Mazzola naquit le 26 janvier 1919 dans un quartier pauvre de Cassano d’Adda. Son père était un employé de la compagnie des transports de Turin (ATM). En 1930, à l’âge de 11 ans, Valentino fut obligé d’arrêter l’école pour commencer à travailler, son père ayant perdu sa place à cause de la Grande Dépression. Il commença d’abord comme apprenti chez un boulanger, puis fut engagé dans une usine de lin à Cassano d’Adda. C’était un supporter de la Juventus et il devint capitaine de l’équipe locale de son quartier. Un jour, lors d’un match, il fut remarqué par un employé d’Alfa Romeo qui lui trouva un travail comme mécanicien et l’inscrivit dans l’équipe de football de la société.

En 1939, il fut appelé sous les drapeaux et passa quelques mois dans la Regia Marina à bord d’un destroyer, avant d’être transféré à la capitainerie du port à Venise. En 1942, il déménagea à Turin où il travailla pour Fiat. Plus tard, il ouvrit son propre magasin de sport, spécialisé dans la confection à la main de ballons.

A Venise, il fut remarqué par un supporter de la Venezia et passa les tests de qualification. Après quelques mois dans l’équipe de réserve, il fit officiellement ses début en Série A le 30 mars 1940, dans un match contre la Lazio, et joua le reste de la saison, sécurisant le maintien de l’équipe en Série A. Pendant la saison 1940-41, son jeu s’améliora de plus en plus. Alors qu’au début il avait tendance à tirer en direction du but trop vite et et trop souvent, son affectation comme ailier gauche lui permit de s’élever parmi les meilleurs dans le tournoi et, selon la presse sportive, il fut la seule révélation de la saison dont la qualité était médiocre. A peine le championnat terminé, en mai 1941, les matchs recommencèrent pour la Coupe d’Italie. La Venezia parvint sans difficulté à se hisser en finale contre la Roma. Après vingt minutes de jeu, cette dernière gagnait 3-0. Mais à la 37e minute, Mazzola mit un but « galvanisateur » pour son équipe qui parvint à ajuster le score à 3-3 en fin de match. Le 15 juin 1941, au match retour à Venise, la Venezia gagnait 1-0 et remportait la coupe.

Pendant la saison 1941-1942, ni la Venezia, ni Mazzola ne réussirent les exploits de l’année précédente. Cependant, le niveau de jeu de Mazzola était tel qu’il commençait à être comparé au meilleur joueur italien de l’époque, Giuseppe Meazza. Les deux clubs turinois le remarquèrent, ainsi que son co-équipier Ezio Loik, et alors qu’un accord était déjà signé avec la Juventus pour leur transfert, l’AC Torino renchérit et l’emporta.

La saison 1942-1943 commença par les seizièmes de finale de la Coupe d’Italie. L’AC Torino l’emporta 7-0 contre l’Anconitana-Bianchi, dont deux buts marqués par Mazzola. Le championnat d’Italie, par contre, débuta mal pour les deux anciens joueurs de la Venezia. En raison de leur imprécision et de leur manque de compréhension de la technique de jeu des Turinois, ils furent considérés comme responsables de la défaite en première journée contre l’Ambrosiana-Inter. Lors du match suivant, également perdu, contre l’AS Livorno, Mazzola et Loik firent preuve de si peu de talent que les journalistes sportifs remirent en question leur capacité d’adaptation dans l’équipe turinoise. Mais à la troisième journée, contre la Juventus, Mazzola mit son premier but et regagna la confiance des supporters. Il Grande Torino remporta le championnat le 25 avril et la Coupe d’Italie le 30 mai.

En raison de la guerre, les championnats de 1943-44 et 1944-45 ne furent pas joués, mais furent remplacés par diverses compétitions locales dont les recettes étaient versées à des oeuvres de charité.

Lors des trois premières saisons de l’après-guerre (1945-46, 1946-47 et 1947-48), le Grande Torino remporta le championnat. Mazzola fut le meilleur buteur de la saison 1946-47 avec 29 buts à son actif. En plus, il était maintenant capitaine de son équipe. Le Grande Torino s’envolait vers une cinquième victoire lorsque l’avion qui ramenait l’équipe d’un match amical au Portugal s’écrasa à Superga le 4 mai 1949, tuant les 31 passagers, dont Mazzola et son ami Loik. La victoire du championnat fut tout de même attribuée aux Turinois, grâce à l’équipe junior qui remporta les quatre matchs restants de la saison.

La guerre, ainsi que sa mort prématurée, empêchèrent Mazzola de participer à la Coupe du monde. Il joua cependant plusieurs matchs amicaux avec l’équipe nationale. Le 14 décembre 1947, il était nommé capitaine de la Squadra Azzurra. Ce fut lors du match amical contre le Portugal, joué le 27 février 1949 à Gênes, que Mazzola rencontra le joueur portugais du Benfica, Francisco Ferreira, qui proposa un match amical entre les deux clubs. La joie des Lusitaniens d’avoir gagné fut de très courte durée, puisque c’est au retour de cette rencontre que l’avion de l’équipe turinois s’écrasa.

De toute sa carrière, Mazzola remporta deux Coupes d’Italie et cinq championnats. Il joua plus de 270 matchs en compétition et mis près de 160 buts.

Mazzola s’était marié en 1942 avec Emilia Ranaldi dont il eut deux fils, Alessandro et Ferruccio. C’était un homme réservé qui menait une vie dure et qui mettait le ballon avant tout. Il était extrêmement strict et imposait une discipline de fer à sa famille. Face à la résistance de sa femme à ce régime, il réussit à obtenir en 1947 un certificat d’annulation de mariage d’un tribunal roumain, mais Emilia fit opposition et Mazzola ne put le faire enregistrer en Italie avant sa mort. Entre temps, il s’était remarié le 20 avril 1949 à Vienne avec une jeune fille de 19 ans, Giuseppina Cutrone. L’annulation de son premier mariage et son deuxième mariage ne furent enregistrés en Italie que le 22 juillet 1949, 79 jours après sa mort, avec effet rétroactif au 20 avril.

Après leur séparation de 1946, le couple avait séparé les deux enfants. Sandro vivait avec son père et Giuseppina à Turin, alors que Ferruccio partait avec sa mère à Cassano d’Adda. A la mort de Mazzola, les deux femmes revendiquèrent la garde de Sandro. Giuseppina le sequestra et Emilia dut faire appel aux carabiniers pour le récupérer et le réunir à son frère. Il en fut de même avec sa dépouille. Emilia voulait qu’il soit enterré à Cassano d’Adda, alors que Giuseppina préférait Turin. Finalement, ce fut la mère de Mazzola qui trancha en faveur de Turin.

Sandro, qui vécut suffisamment avec son père pour bénéficier de ses conseils en football, devint lui-même un grand joueur. Il a effectué toute sa carrière avec l’Inter Milan et a remporté quatre titres de champion d’Italie, deux Ligues des Champions, le Championnat d’Europe de football en 1968 et 2 coupes intercontinentales.

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