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Cette basilique en forme de croix grecque repose sur les fondations d’un temple italique du IIIe siècle av. J.-C. probablement dédié à Aphrodite. Au VIe siècle, une basilique paléochrétienne dédiée à saint Laurent fut construite au-dessus de ce temple. Elle se composait de trois nefs avec une entrée orientée vers le sud-est. Au début du premier millénaire, elle fut agrandie tout en gardant la même structure, et les reliques de saint Marcelino et de saint Cyriaque y furent transférées. Ce n’est qu’à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècles que le bâtiment primitif fut restructuré et la basilique reçut sa forme actuelle: un corps transversal fut ajouté, les trois nefs devinrent le nouveau transept, et un accès fut aménagé sur le sud-ouest de l’édifice en direction du port de la ville. La basilique fut alors dédiée à saint Cyriaque qui, selon la tradition, aurait révélé le lieu où était cachée la Vraie Croix à l’impératrice Hélène, la mère de l’empereur romain Constantin Ier. Au fil des siècles, elle fut embellie et décorée, témoignant ainsi de la richesse des cultures qui influencèrent la ville.

La basilique subit d’important dommages au début de la Première Guerre mondiale et fut restaurée dans les années 20. Lors de la Seconde Guerre mondiale, un bombardement allié détruisit le transept droit. La Cripta delle Lacrime, située sous le transept, et ses trésors artistiques furent irrémédiablement perdus. Le tremblement de terre de 1972 provoqua d’autres dégâts importants. Dans les années qui suivirent, la basilique fut reconstruite et consolidée pour retrouver sa forme originale.

La basilique est un bel exemple d’architecture romane, avec des éléments byzantins et gothiques qui en font un ouvrage unique en Italie. La façade de l’entrée est précédée par un large escalier au-dessus duquel s’élève un porche roman du XIIIe siècle, composé d’un arc en plein cintre soutenu par quatre colonnes. Les deux premières reposent sur des lions de marbre rouge de Vérone. Les deux de derrière sont attribuées à l’architecte du XVIIIe siècle Luigi Vanvitelli et reposent directement sur le parvis. Le portail est attribué à Giorgio da Como et date de 1228 environ. Il est de style romano-gothique, avec un profond évasement orné de colonnes soutenant une série d’arcs en ogive, et est construit en pierre blanche de Conero et en marbre rouge.

Le dôme au-dessus de la croisée est un des plus vieux d’Italie. Il est attribué à Margaritone d’Arezzo et date de 1270. Il est de forme ogivale et repose sur un tambour dodécagonal. Son revêtement en cuivre a été ajouté au XVIe siècle.

L’intérieur est à l’image de l’histoire d’Ancône. Il montre comment l’influence byzantine, introduite par les ports adriatiques, est remontée au fil des constructions chrétiennes jusque vers le nord de l’Europe, puis comment, dans un flux inverse, les influences gothiques sont redescendues vers le sud. Richement décorée de mosaïques byzantines et de sculptures angéliques, de tapisseries réalisées sur des dessins de Raphaël et de peintures de Vittore Carpaccio, ornementé de crucifix, de vêtements liturgiques et de reliquaires médiévaux d’or et d’argent, la basilique est riche en témoignages de toutes sortes.

Dans le transept gauche se trouve un magnifique édicule en marbre réalisé par Vanvitelli. Il a été réalisé en 1739 pour abriter un tableau de la Vierge datant du XVIIe siècle qui avait été donné au diocèse par un marin vénitien en guise de remerciement pour avoir survécu lors d’un naufrage. La légende dit que le 25 juin 1796, la Vierge, représentée les yeux mi-clos sur cette image sainte, aurait ouvert les yeux, effrayant Bonaparte venu prendre la ville. Du coup, ce dernier se serait privé de piller les trésors de la cathédrale. Selon certains historiens, cette retenue était due à un simple calcul politique: les Français voulaient éviter les frictions avec le camp catholique de la ville et essayer de trouver un accord. Pour d’autres, cette décision a été prise grâce à une intervention divine et l’Église catholique a décidé de l’interpréter comme le miracle de la protection du ciel sur la ville, dans l’espoir de renforcer l’esprit du camp anti-français.

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