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Le 10 novembre 1998, l’assemblée générale des Nations Unies adopta la résolution 24, proposée par le délégué du Kyrgyzstan, proclamant l’année 2002 Année internationale de la montagne. Symboliquement, 2002 était la dixième année après le Sommet de la Terre de Rio et il était important d’augmenter la prise de conscience de l’importance du développement durable des montagnes.

40 % du territoire italien sont montagneux. Deux grandes chaînes le traversent: les Alpes au nord et les Apennins qui courent le long de la botte. Les Poste Italiane se devaient d’émettre un timbre pour commémorer l’événement. Elles choisirent le Monviso, une des montagnes les plus hautes d’Italie, dont la particularité en fait la montagne la plus importante du pays. En effet, sur ses flancs, dans un petit hameau nommé Il Pian del Re, se trouve la source du Pô, ce long fleuve qui irrigue la grande plaine fertile italienne. Les trois quarts de l’activité économique du pays se sont développés le long de son cours et ce fleuve a une importance primordiale dans la préservation des écosystèmes de la plaine et du delta du Pô.

Le sommet du Monviso culmine à 3’841 mètres et domine les Alpes cottiennes de plus de 500 mètres. Sa forme pyramidale est parfaitement reconnaissable et visible depuis Turin et même depuis Milan par temps clair. Son nom, du reste, viendrait peut-être de Mons Vesulus, le « mont visible ». Si les Suisses pensent que l’emblème de la Paramount Pictures est inspirée du Cervin, la plupart des Italiens y reconnaissent la silhouette du Monviso.

Presque tous les sommets du Monviso ont des noms traditionnels, attribués au début du XXe siècle par un ardent patriote, Ubaldo Valbusa, qui choisit principalement le nom de quelques grandes villes italiennes. Il attribua au deuxième plus haut sommet le nom de « Sella », d’après Quintino Sella, le politicien et alpiniste qui fut le premier Italien à atteindre le sommet le 12 août 1863 et qui fonda le Club alpin italien. La première ascension du Monviso fut réalisée le 31 août 1861, par William Mathews, Frederick William Jacomb, Michel et Jean-Baptiste Croz.

Le Monviso est également connu pour être le premier massif à avoir été percé d’un tunnel transalpin. Au XVe siècle, le petit marquisat de Saluzzo n’avait pas accès à la mer et dépendait du passage par les Alpes depuis la France pour son approvisionnement en sel. En 1478, le marquis Ludovico II, pro-français et hostile à son puissant voisin, le duc de Savoie, signa un accord avec René d’Anjou, roi de Naples et par conséquent, vassal du roi Louis XI de France, pour construire un tunnel dans le massif du Monviso, sous l’un des cols les plus dangereux de la « route du sel ». Avec du fer, du feu, de l’eau bouillante et du vinaigre, les ingénieurs creusèrent une gallerie haute d’environ 2,5 mètres et large de 2 mètres, afin de laisser le passage aux mulets. Le tunnel fut commencé à la fonte des neiges en 1479 et fini dix-huit mois plus tard. Il était long de 100 mètres à l’époque, mais ne fait plus que 75 mètres actuellement en raison de l’érosion des flancs de la montagne. Il permettait ainsi d’économiser trois jours de voyage et facilitait considérablement les conditions de transport, surtout en hiver lors des chutes de neige. Son importance était telle que la gabelle de Revello, située en contre-bas, enregistrait jusqu’à 20’000 sacs de sel par année.

En raison de sa forme et de sa position, le Monviso semble attirer le brouillard de la plaine. Très souvent, la montagne est cachée depuis la fin de la matinée, même par des journées de beau temps. Un dicton populaire en piémontais illustre le caractère imprévisible de la météorologie en montagne :

« Quand che Viso a l’ha ‘l capel, o ch’a fà brut o ch’a fà bel;
ma se ‘l capel lo quata tut, o ch’a fà bel o ch’a fà brut »

ce qui signifie à peu près :

« Quand le Viso a le chapeau, ou il fait mauvais ou il fait beau;
mais quand il est entièrement couvert, ou il fait beau ou il fait mauvais »

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