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Au début du XVIe siècle, le royaume de Naples faisait l’objet d’une querelle entre la France et l’Espagne. Par le traité de Grenade, Naples, la Campanie et les Abruzzes revenaient au roi de France, alors que Ferdinand II recevait la Calabre et les Pouilles. Mais très vite, les deux camps envahirent des territoires destinés à l’autre, ce qui provoqua les guerres d’Italie du XVIe siècle. En général, les batailles étaient menées par l’armée au complet, composée comme il était de coutume au Moyen Age d’une proportion importante de cavalerie lourde, de fantassins, de mercenaires et d’une cavalerie légère. Mais parfois, pour régler leurs différends, les deux parties se lançaient des défis et s’affrontaient dans des duels singuliers.

En 1502, les Français progressèrent de manière significative au sud et occupèrent une partie importante du territoire aragonais, le réduisant à quelques bastions et citadelles. Les espagnols, en infériorité numérique, réussirent cependant à s’allier le soutien de la puissante famille Colonna qui leur fournit des soldats italiens pour les épauler.

En janvier 1503, lors d’un banquet commun entre les deux ennemis, le chevalier français Charles de Torgues accusa les condottieri italiens de lâcheté et de traîtrise. L’Espagnol Íñigo López de Ayala prit leur défense, affirmant que les soldats sous son commandement montraient autant de courage que les Français. N’arrivant pas à se mettre d’accord, il fut décidé que cette querelle serait réglée dans un duel. Les détails furent minutieusement planifiés: Treize chevaliers, quatre juges et deux otages de chaque côté; les chevaux et les armes des vaincus remis aux vainqueurs comme récompense, plus une somme de cent ducats à payer pour le rachat des otages. Prospero et Fabrizio Colonna furent chargés de choisir leurs meilleurs chevaliers. Il mirent à la tête de leur équipe le condottiero Ettore Fieramosca, alors que le chevalier de Torgues menait l’équipe française.

Le camp aragonais se réunit à Andria et, le matin du duel, le 13 février 1503, les Italiens assistèrent à la messe dans la cathédrale, tandis que les Français passaient la nuit à Ruvo di Puglia et allaient se recueillir à l’église di San Rocco.

Les juges délimitèrent un espace clos, dans la plaine entre Andria et Corato, juste à l’extérieur de la ville de Trani. Les deux équipes se rangèrent chacune à une extrémité du terrain, en rangs serrés. Le premier affrontement eut lieu à cheval avec la lance. Lorsque les cavaliers étaient désarçonnés, ils continuaient le combat à l’épée et à la hache. Petit à petit, les Français furent blessés ou capturés. Finalement, la victoire fut accordée sans conteste aux Italiens et l’affront fait aux condottieri lavé.

En 1833, l’événement fut décrit par Massimo d’Azeglio dans son célèbre roman historique Ettore Fieramosca, o la disfida di Barletta. Et depuis 1935, la ville de Barletta est connue sous le surnom de la Città della Disfida (Ville du Défi) en commémoration de cet événement.

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