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Miracolo a Milano est un film italien, réalisé par Vittorio De Sica en 1951. Basé sur le livre de Cesare Zavattini intitulé Totò il buono, son scénario est né d’une étroite collaboration entre De Sica et Zavattini. Le duo est connu pour avoir écrit des films cultes du néorealisme italien comme Les enfants nous regardent, Sciuscià, Le voleur de bicyclette et Umberto D.

Le film se déroule comme un conte de fées et met en vedette un jeune orphelin qui rêve d’un monde où «Bonjour veut vraiment dire bonjour. » Le héros, Totò, est trouvé dans un carré de choux par Lolotta, une vieille femme sage et bonne, qui l’élève. Lorsqu’elle meurt, Totò est placé dans un orphelinat jusqu’à ses dix-huit ans. A sa majorité, il part vivre dans un bidonville à la périphérie de Milan. Sa gentillesse simple et optimiste, ainsi que les connaissances qu’il a acquises à l’orphelinat, lui permettent de réorganiser la petite colonie de clochards en y apportant un sentiments de bonheur et de bien-être. Malheureusement, lorsqu’un gisement de pétrole est découvert sous le bidonville, ils sont trahis par l’un des leurs. Un riche industriel achète le terrain et les pauvres habitants sont chassées et emmenés dans ce qui ressemble à une prison. Mais sur le chemin, l’esprit de Lolotta envoie à Totò une colombe magique capable d’exaucer les voeux. Totò lui demande alors la liberté pour lui et ses amis et immédiatement les balais des balayeurs de la place du Dôme de Milan se transforment en balais magiques. Dans un merveilleux décor, la bande s’envole au-dessus de la cathédrale, loin, très loin dans le ciel.

En un sens, le personnage de Totò est une allégorie d’une figure christique dont la bonté et la volonté de bonheur sont corrompues par les défaillances humaines.

Vittorio De Sica écrivit, en 1968, qu’il avait voulu montrer que l’homme ordinaire pouvait exister à l’intérieur des réalités de la vie: « Il est vrai que mes personnages ont déjà atteint le bonheur à leur façon. Précisément parce qu’ils sont démunis, ces gens sentent encore – alors que la majorité des hommes ne peut plus le faire – la chaleur vivante d’un rayon de soleil hivernal ou la simple poésie du vent. Ils saluent l’eau avec la même joie pure que saint François d’Assise. »

Le titre initial prévu était Les pauvres dérangent, mais il a dû être modifié en raison des pressions exercées par les producteurs et certains hommes politiques qui voyaient dans le néoréalisme une mauvaise carte de visite pour l’Italie. A sa sortie, le film dut faire face aux critiques à la fois des progressistes, qui le jugeaient trop évangélique et réconfortant, et des conservateurs, qui le considéraient comme subversif et d’inspiration communiste. Tous s’accordaient à critiquer le choix d’avoir des personnages principaux représentant une bande de clochards inactifs et fêtards.

A l’étranger, par contre, le film fut acclamé et il reçut la Palme d’or au festival de Cannes, ainsi que la récompense du meilleur film étranger par le New York Film Critics Circle.

La scène finale de l’envol a inspiré la scène des enfants s’envolant sur des vélos dans E.T. de Steven Spielberg.

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