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Luigi Cherubini est né en 1760 à Florence. Il était le fils d’un claveciniste et il commença à étudier la musique dès l’âge de six ans. Considéré comme un enfant prodige, il fut confié trois ans plus tard aux maîtres Felici, Bizzarri et Castrucci avec lesquels il étudia le chant, le contrepoint et l’orgue. A treize ans, il composa sa première oeuvre, une messe solennelle à quatre voix avec orchestre qui fut exécutée à Florence. Il créa quatre autres messes, aujourd’hui perdues. En 1778, sa musique sacrée attira l’attention du grand-duc Léopold Ier de Toscane qui lui attribua une bourse pour étudier à Bologne auprès du maestro Sarti. De 1780 à 1784, il se fit connaître en composant plusieurs opéras et il fut invité à se rendre à Londres. Il y resta une année, le temps de composer pour le roi un opéra et un opéra bouffe qui furent donnés au King’s Theater.

Il retourna brièvement en Italie et, en 1787, s’installa à Paris, où il restera jusqu’à la fin de sa vie. Grâce à son ami, le compositeur Giovanni Battista Viotti, il fut introduit auprès de la reine Marie-Antoinette qui lui ouvrit les portes de la société parisienne. En 1788, il créa sa première tragédie en musique, Démophon, qui fut donnée à l’Opéra de Paris. En 1789, il fut nommé directeur, avec Viotti, du Théâtre de Monsieur. Trois ans plus tard, il déménagea avec la troupe au Théâtre Feydeau.

La chute de la monarchie l’obligea à cacher ses liens avec l’aristocratie et à chercher des positions protégées par le gouvernement. Il fut nommé inspecteur de l’enseignement au tout nouveau Conservatoire en 1796. Il continua à composer des opéras qui furent presque exclusivement joués au Théâtre Feydeau. En 1797, il créa Médée qui est son oeuvre la plus connue. C’est un opéra-comique, sur un livret de François-Benoît Hoffmann basé sur les tragédies d’Euripide et de Sénèque et la pièce de Pierre Corneille, qui alterne chants et dialogues en alexandrin. Son style musical était osé et original, il s’éloignait de ses maîtres en créant une fusion entre la tragédie classique de l’école française et l’opéra italien. Pas très bien reçu par les Italiens, cet opéra sera surtout admiré par les Allemands, dont Brahms, Beethoven, Schubert et Wagner.

Au début du XIXe siècle, son succès déclina et il se tourna vers les oeuvres d’église. Il créa sept messes et deux Requiem (un à la mémoire de Louis XVI et l’autre pour ses propres funérailles) et une trentaine de motets. Il écrivit également six quatuors à corde de musique de chambre qui seront considérés comme des oeuvres de très haute qualité.

En 1822, il devint directeur du Conservatoire et il s’attacha à en rehausser la qualité de l’enseignement. Il fut actif dans l’organisation de manifestations publiques d’élèves et il participa à la création de la Société des Concerts du Conservatoire. Il eut de nombreux amis, dont Gioachino Rossini et Frédéric Chopin. Son meilleur ami était le peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres avec qui il partageait sa passion de la musique et son amour de la peinture. Il se fit, par contre, un ennemi d’Hector Berlioz qu’il expulsa de la bibliothèque du Conservatoire, parce que ce dernier était étudiant en médecine et non inscrit au Conservatoire. Berlioz le décrira plus tard comme un grincheux pédant.

Durant sa vie, il reçut les honneurs les plus élevés et les plus prestigieux de France: en 1814, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur; en 1815, il devint membre de l’Académie des Beaux-Arts; et en 1841, il fut nommé commandeur de la Légion d’honneur.

Cherubini mourut en 1842 et il lui fut fait des funérailles nationales. Son Requiem en ré mineur fut joué, selon sa volonté. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise, à quelques pas de son ami Chopin.

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