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La Villa Almerico Capra a été commandée, en 1556, à Andrea Palladio par Paolo Almerico, un chanoine qui, après une brillante carrière au Vatican, décida de se retirer en Vénétie, sa région natale. Le site choisi est le sommet arrondi d’une petite colline juste à l’extérieur de Vicenza. A cette époque, le charme et les beautés de la campagne poussaient de nombreux propriétaires à rechercher les valeurs d’une vie simple et Almerico désirait une villa sophistiquée pour pouvoir recevoir, mais aussi une retraite calme pour étudier et méditer. Palladio choisit de ne pas faire une seule façade principale (comme ce fut le cas avec ses précédentes villas), mais quatre façades qui font ainsi bénéficier le propriétaire d’un panorama extraordinaire.

Il s’inspira du Panthéon de Rome pour créer un dôme autour duquel s’agencent tous les éléments de la maison et il planifia un bâtiment symétrique au plan carré à quatre façades avec quatre pronaoi symétriques précédés d’une rampe d’escaliers. Chaque entrée conduit par un couloir au hall central sous le dôme. L’ensemble est contenu dans un cercle imaginaire qui touche les quatre coins de la villa et le centre de chaque portique, et la villa a la forme d’une croix grecque, symbole fort destiné au chanoine. Palladio planifia les proportions avec une précision mathématique et donna à la villa une dynamique ouverte qui s’étend vers l’extérieur.



Le projet reflète les idéaux humanistes d’architecture de la Renaissance. Pour permettre à chaque pièce de recevoir une exposition semblable au soleil, Palladio positionna la villa à 45 degrés par rapport aux points cardinaux. Chaque pronaos a un fronton orné de statues de dieux de l’antiquité classique et soutenu par six colonnes ioniques. Palladio fut également attentif à l’harmonie avec le paysage. Ainsi, même si la villa semble être parfaitement symétrique, il y a quelques variations dans les façades ou dans l’amplitude des escaliers de telle sorte que chaque côté est le complément de l’environnement et de la topographie environnante. La symétrie de l’architecture communique avec l’asymétrie du paysage pour créer une harmonie particulière dans son ensemble.

L’intérieur de la maison devait être aussi beau, si ce n’est plus, que l’extérieur. Les statues et les peintures sont les oeuvres des grands artistes de la région. La salle de l’ouest, au rez-de-chaussée, est décorée de fresques à thème religieux et la salle de l’est abrite une allégorie de la vie de Paolo Almerico. La pièce la plus remarquable est le hall central, avec des balcons intérieurs au niveau de la coupole et des fresques sous le dôme qui représentent la vie religieuse, la bénignité, la tempérance et la chasteté. La partie inférieure est décorée de colonnes en trompe-l’oeil et de personnages de la mythologie grecque. L’ensemble de la décoration est conçu pour suggérer un lieu sacré plutôt que l’intérieur d’une maison de campagne.

Ni Palladio, ni Almerico ne vécut assez longtemps pour voir la fin de la construction. Les héritiers d’Almerico vendirent la maison à la famille Capra qui confia l’ouvrage au disciple de Palladio, Vincenzo Scamozzi. Les plans originaux de Palladio furent légèrement modifiés sur la demande des nouveaux propriétaires, principalement au niveau du dôme qui fut abaissé et pourvu d’un oculus. Peu après et pour des raisons pratiques, cette ouverture fut couverte d’une petite coupole.

La Rotonda fait partie de la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle est la propriété depuis près de deux cents ans de la famille Valmarana.

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