Étiquettes

La région des Pouilles est le talon de la botte italienne. Son nom d’origine est Apulia et vient du grec Ἰαπυγία. Plus tard, elle fut appelée Puglie et ce n’est que depuis quelques dizaines d’années que son nom s’est stabilisé en Puglia. Son chef-lieu est la ville de Bari et elle comprend 6 provinces. Ses habitants sont les apuliens. La langue officielle est italien, mais il y a presque autant de dialectes qu’il y a de villages. Après la Sicile et la Sardaigne, c’est la région d’Italie qui possède le plus de côtes, avec, à l’est, la mer Adriatique et, au sud, la mer Ionienne. En raison de son sol karstique et du peu de précipitations, il y a très peu de cours d’eau superficiels. C’est la région la moins montagneuse, le territoire étant presque exclusivement plat ou vallonné. Les Pouilles sont baignées de soleil, les températures moyennes à Bari allant de 8 °C en hiver à 25 °C en été.

Son blason se compose d’une couronne, en l’honneur de l’empereur Frédéric II, qui surmonte un bouclier. Les six boules en haut du bouclier représentent les six provinces, l’octogone est le Castel del Monte, un château médiéval situé à Andria, et l’olivier symbolise la paix et la fraternité. Dans les Pouilles, l’olivier est non seulement une des ressources les plus précieuses pour l’agriculture, mais c’est aussi un élément constant dans le paysage, devenant ainsi le signe de l’unité de toute la région du nord au sud.

Les premiers peuples qui s’installèrent dans les Pouilles venaient de la Grèce, mais ce sont les Romains qui développèrent vraiment la région dès le IIIe siècle avant J.-C, en construisant un réseau routier, à partir de la via Appia, qui définit encore de nos jours le paysage et les routes. Lorsque l’Empire romain d’Occident tomba, les Pouilles connurent une période d’appauvrissement sous la domination des peuples barbares germaniques qui l’occupèrent. Entre 823 et 1071, les Sarrasins, puis les Byzantins, s’installèrent à Bari.

Avec la création du royaume de Sicile, les Normands relancèrent les relations maritimes avec Venise et les villes côtières de la Méditerranée. Cette période vit la vie politique et religieuse de la région totalement réorganisée et les Normands imposèrent un style d’architecture roman à influence byzantine, tel que dans les cathédrales de Bari ou de Trani. Lorsque le royaume devint la propriété des Hohenstaufen de Souabe, par l’intermédiaire de Constance de Hauteville, héritière de Guillaume II de Sicile, la région connut son âge d’or avec un grand essor artistique et économique. Entre 1220 et 1250, Frédéric II réalisa la fortification des villes et organisa le paysage agraire permettant un équilibre entre agriculture, pâturage et exploitation forestière. En outre, ce fut lui qui fit construire l’énigmatique Castel del Monte.

Lorsque le royaume de Sicile passa sous le pouvoir des Angevins, en 1282, la région ne revivra plus l’état de paix et d’enrichissement de l’époque de Frédéric II. Les nouveaux occupants, ainsi que leurs successeurs, les Aragonais puis les Espagnols, se tournèrent vers Naples, et les Pouilles furent délaissées et maintenues sous l’emprise de grands propriétaires terriens. Il faudra attendre l’arrivée des Français, en 1806, pour que la modernisation des Pouilles s’amorce et que des mesures soient prises pour abolir la féodalité, restructurer la propriété foncière et répartir plus adéquatement les terres publiques.

La région se revitalisa à partir de 1861, sous Victor-Emmanuel II, avec la construction de nouvelles lignes de chemin de fer et l’amélioration de l’enseignement scolaire. Malheureusement, la hausse des taxes et des prix, et la pauvreté chronique provoquèrent l’émigration d’une partie de la population vers les Etats-Unis, l’Argentine et l’Europe du nord, même si les chiffres ne sont pas aussi élevés que dans d’autres régions d’Italie telles que la Sicile, la Campanie et le Veneto.

Au XXe siècle, la Première Guerre mondiale eut peu d’impact sur la région; Par contre, après la Seconde Guerre mondiale, la situation économique et sociale de la région était au plus bas: 24 % de la population était analphabète en 1950 contre 12 % pour l’Italie. En août 1950, pour tenter de faire face aux dégâts économique de l’après-guerre et d’endiguer le flux d’émigration en direction du nord, un fonds d’aide économique fut créé en faveur du sud, grâce à un financement d’État, pour les infrastructures et les facilités de crédit aux entreprises situées dans les zones défavorisées. L’Etat mit également en place une réforme agraire pour promouvoir la petite paysannerie.

Actuellement, les Pouilles jouent un rôle indispensable dans l’agriculture italienne, suite à la bonification des terres du Tavoliere delle Puglie où se cultivent grains et sucres, huiles d’olive et vins. Et depuis quelques années, le secteur tertiaire a explosé, grâce à l’intérêt des touristes pour la gastronomie, la beauté des paysages et des plages, le patrimoine culturel, la douceur du climat et l’art de vivre de la région.

Lien externe

Publicités