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Giuseppe Morosini fut un prêtre italien né en 1913 à Ferentino, au sud de Rome. Il entra chez les Lazaristes et fut ordonné prêtre en 1937 à l’archibasilique Saint-Jean-de-Latran. En 1941, il était aumônier au 4e régiment d’artillerie stationné à Lovran, dans la province de Fiume de l’époque, aujourd’hui Croatie. En 1943, il fut transféré à Rome pour s’occuper d’enfants déplacés des zones de conflits et recueillis dans une école primaire au nord du Vatican.

Après l’armistice de Cassibile, le 8 septembre 1943, Morosini entra dans la résistance en tant qu’aumônier, mais il aida aussi les partisans en passant des armes et des provisions. Il était en contact avec le groupe “Fulvi”, dirigé par le lieutenant Fulvio Mosconi, actif sur la colline Monte Mario et dépendant du colonel Giuseppe Cordero Lanza di Montezemolo. Alors qu’il obtenait les plans de l’abbaye de Montecassino située la ligne de défense Gustave tenue par les Allemands, il fut trahi par un délateur à la solde de la Gestapo et arrêté le 4 janvier 1944, avec son ami Marcello Bucchi. Il fut détenu dans la prison de Regina Coeli et accusé non seulement d’avoir fait passer des plans, mais aussi de détention d’armes trouvées dans sa buanderie et dans le sous-sol du Collège Leoniano, dans le quartier du Prati.

Soumis à la torture pour qu’il révèle les noms de ses complices, Morosini, non seulement ne parla pas, mais essaya d’assumer toute la responsabilité du mouvement avec son ami Bucchi. Le 22 février, un tribunal allemand le condamna à mort. Malgré la pression du Vatican, il fut fusillé le 3 avril 1944 à Fort Bravetta. Le peloton d’exécution était composé de 12 militaires appartenant à la Polizia dell’Africa italiana, chargée de l’ordre public à Rome. Lorsque l’ordre fut donné de faire feu, 10 policiers tirèrent en l’air, mais Morosini fut blessé par les balles des deux derniers. L’officier en charge du peloton l’achèva alors de deux balles dans la tête.

Sandro Pertini, le futur président de la République italienne, également détenu à Regina Coeli, l’avait rencontré à la sortie d’un interrogatoire et a laissé ce témoignage:

« Détenu à Regina Coeli sous les Allemands, je rencontrai un matin don Giuseppe Morosini qui sortait d’un interrogatoire par les S.S. Son visage était tuméfié et dégoulinait de sang, comme le Christ après la flagellation. Les larmes aux yeux, je lui ai exprimé ma solidarité: il a essayé de sourire, ses lèvres saignaient. Dans ses yeux brillait une lumière vive. La lumière de sa foi. Bénissant le peloton d’exécution, il a dit à voix haute: “Dieu, pardonne-leur: ils ne savent pas ce qu’ils font”, comme le Christ sur le Golgota. Le souvenir de ce noble martyr vit et vivra toujours dans mon âme. »

Giuseppe Morosini a été décoré de la médaille d’or à valeur militaire.

Il inspira le personnage de don Pietro Pellegrini dans Rome, ville ouverte, film de Roberto Rossellini, et celui du père Morosini dans La Pourpre et le Noir, téléfilm américano-italien réalisé par Jerry London.

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