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Giovanni Caboto, Jean Cabot en français, fut un navigateur et un explorateur italien au service du roi Henri VII d’Angleterre et est considéré comme le premier européen à avoir mis le pied sur le continent nord-américain depuis les Vikings au XIe siècle.

On ne connait pas son lieu de naissance. Les gens qui l’ont connu en Angleterre disaient de lui que c’était un Génois, comme Christophe Colomb, mais selon son fils Sébastien, il serait né à Gaeta, dans la royaume de Naples. Les Cabot venaient originellement de cette région, mais on ne retrouve pas mention de leur nom après 1443. Giovanni est né vers 1450 et doit s’être installé à Venise très jeune, en 1461 au plus tard, car il devint vénitien en 1476 et il fallait quinze ans de résidence au moins pour obtenir la citoyenneté. En 1471, il fut accepté dans la prestigieuse confrérie de saint Jean l’Evangéliste, ce qui suggère qu’il était déjà un membre estimé de la communauté. Avec sa nouvelle citoyenneté, il acquit le droit d’effectuer du commerce maritime, même dans la Méditerranée orientale. Au cours des années 80, son nom est mentionné dans plusieurs documents vénitiens: lors de tractations commerciales sur le territoire du Sultan d’Egypte; lors de son mariage avec une Vénitienne, Mattea, dont il avait déjà deux fils (Ludovico et Sebastiano) et dont il aura un troisième, Sancto; et lors de ses diverses implications dans des affaires immobilières.

Il semblerait que vers la fin des années 80, Cabot ait eu des revers de fortune et ait dû quitter Venise en novembre 1488 pour ne pas être poursuivi comme insolvable. Il se réfugia d’abord à Valence où ses créanciers vénitiens essayèrent de le faire arrêter, puis à Séville où, en 1494, il s’engagea dans la construction d’un pont au-dessus du fleuve Quadalquivir, projet qui fut abandonné par les autorités de la ville à la fin 1494.

A cette époque, Christophe Colomb partait pour son deuxième voyage et Cabot alla proposer à Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon de monter une expédition pour trouver le passage vers les Indes Orientales en passant par la route du nord. Après le refus des souverains, Cabot partit en Angleterre, où il semble qu’il soit arrivé vers le milieu de l’année 1495, pour convaincre Henri VII de soutenir son projet. Ce dernier, qui avait déjà perdu la possibilité d’avoir Colomb à son service, délivra à Cabot une lettre patente datée du 5 mars 1496 avec mission de monter une expédition sous la bannière d’Angleterre et d’explorer les mers pour “trouver, découvrir et enquêter sur les îles, régions ou provinces peuplées de païens et d’infidèles, dans quelle que partie du monde que ce soit, et qui seraient alors inconnues de tous les Chrétiens”.

Cabot commença par un faux départ. En effet, dans la deuxième moitié de 1496, sa première expédition fut interrompue au niveau de l’Islande suite à des problèmes avec son équipage, à une mauvaise gestion des vivres et au mauvais temps.

Le peu que l’on sait de son deuxième voyage vient d’une chronique datant de 1595 et de quatre petites lettres. La chronique reprend certainement des éléments parus précédemment, car elle donne des précisions peu connues à l’époque. Elle commence par: “Cette année-là, le jour de la saint Jean Baptiste (24 juin 1497), la terre d’Amérique fut découverte par des marchands de Bristol sur un bateau de Bristol appelé le Matthew, lequel bateau partit du port de Bristol, le deuxième jour de mai, et revint au port le 6 août suivant”. Les deux premières lettres, écrites le 23 août par un marchand vénitien et le 24 août par un diplomate, ne parlent que vaguement du voyage. La troisième lettre, du 18 décembre, est écrite par l’ambassadeur de Milan à Londres, Raimondo de Raimondi de Soncino, et est adressée au Duc de Milan. Elle contient plus de détails et est basée sur des conversations que l’ambassadeur a eues avec Cabot et ses compatriotes de Bristol. La quatrième a été écrite durant l’hiver 1497/98 par un marchand de Bristol et était certainement adressée à Christophe Colomb. L’expéditeur avait parlé avec la plupart des participants de l’expédition et avait rassemblé tous les détails qu’il a pu sur ce voyage. Colomb était extrêmement intéressé par ce que faisaient les autres explorateurs, car il possédait le monopole de toutes les explorations qui se situaient à l’ouest du méridien défini lors du Traité de Tordesillas.

De manière générale, ce que l’on sait de ce voyage est que Cabot partit, avec une vingtaine d’hommes, sur un seul navire, le Matthew, au début de mai 1497 depuis le port de Bristol. Il navigua près de l’Irlande, puis à travers l’Atlantique nord et arriva sur la côte nord-américaine le 24 juin. On ne connait pas l’endroit exact où il accosta, mais Cap Bonavista en Terre-Neuve est l’emplacement officiellement reconnu par le Canada et le Royaume-Uni. De tout le voyage, Cabot n’accosta qu’une seule fois et ne s’enfonça pas dans les terres. Il ne rencontra aucun indigène et ne resta à terre que le temps de hisser les drapeaux d’Angleterre et du Pape. Sur le chemin du retour, Cabot prit le temps de longer la côte et quitta le Nouveau Monde alors qu’il passait un cap situé à 1’800 miles à l’ouest de Dursey Head en Irlande, ce qui correspond à la pointe la plus septentrionale de Terre-Neuve. Le 6 août 1497, il était de retour à Bristol.

En février 1498, Henri VII lui donna une deuxième patente pour une nouvelle expédition et lui affréta un navire. Début mai 1498, Cabot partit avec une flotte de six navires et deux cents membres d’équipage dans l’idée d’explorer et de coloniser les territoires découverts, et de continuer sur la route du nord jusqu’à ce qu’il arrive à Cipangu (Japon). Il passa près du Groenland méridional et toucha le Labrador avant de faire cap vers le sud. A ce stade, il n’existe plus aucune trace de cette expédition qui aurait disparu corps et biens en mer.

Jean Cabot n’a pas réussi à mener à bien son projet, mais il a laissé à ses contemporains des détails importants sur l’immensité du continent américain et a stimulé la recherche d’un passage nord-ouest pour atteindre l’Extrême-Orient.

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