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Le site paléontologique de la forêt fossilisée de Dunarobba est un des plus uniques au monde, les arbres momifiés datant d’il y a plus de 2 millions d’années. Il a été découvert non loin d’Avigliano Umbro entre 1979 et 1987, dans une carrière de lignite utilisée par une usine de briques.

L’histoire des premières découvertes remontent en fait au XVIIe siècle, lorsque le prince Federico Cesi fonda l’Accademia dei Lincei dans le but d’étudier l’histoire naturelle et ses phénomènes. A partir de 1620, l’académicien Francesco Stelluti se rendit à Dunarobba pour analyser de manière scientifique certains morceaux de bois fossilisés que l’on trouvait sur place et publia, en 1637, le Trattato sul legno fossile minerale nuovamente scoperto avec une description du site et une reconstitution détaillée de la fibre du bois.

Les habitants, en majorité des agriculteurs, n’accordaient pas une grande importance à ces troncs d’arbre, du moins jusqu’au début du XXe siècle, lorsque le déclenchement de la Première Guerre mondiale provoqua une demande croissante de combustible et l’extraction systématique de tourbe et de lignite. En 1929, une société de Spoleto, employant 50 mineurs, ouvrit trois galeries dans la campagne de Dunarobba, riche en lignite. En 1933, la société s’agrandit, devenant la ”Società Anonima Ligniti Dunarobba”, la mine fut déplacée plus à l’est et de nouveaux puits furent ouverts. Toutes les campagnes autour d’Aviliano Umbro devinrent un immense chantier et plus de 600 mineurs travaillaient sur le site. Parfois, les travaux d’excavation étaient entravés par la découverte d’un tronc fossilisé, mais la priorité était donnée au lignite. Au début des années 50, suite à l’introduction de nouveaux carburants meilleur marché, la production industrielle de lignite fut réduite et, en 1952, la mine fut définitivement fermée.

L’intérêt du monde scientifique pour la géologie et la paléontologie de la forêt n’a commencé que dans les années 70 et il a fallu attendre 1987 pour que le ministère du Patrimoine culturel déclarât la forêt patrimoine paléontologique et cette partie de l’Ombrie patrimoine environnemental.

La forêt est constituée d’une cinquantaine d’arbres, la plupart en position verticale légèrement penchés dans le  même sens. Les troncs ont un diamètre entre 1 et 4 mètres et une hauteur pouvant aller jusqu’à 8 mètres. Cependant des études récentes ont montré que les arbres pouvaient atteindre une hauteur entre 25 et 30 mètres. Les examens scientifiques effectués sur les empreintes de feuilles et sur le pollen des fruits prouvent avec certitude qu’il s’agit d’une forêt de conifères de la famille des Taxodiaceae, très similaires au sequoia sempervirens de Californie. La position verticale des troncs a permis d’étudier le terrain qui se trouve aux niveaux des racines et les résultats des géologues suggèrent que la forêt existait il y a plus de 2 millions d’années, dans le Pliocène moyen-supérieur. Elle se trouvait au bord d’un lac qui couvrait une grande partie de l’Ombrie.

La phénomène de fossilisation que l’on peut observer est différent de celui des forêts pétrifiées, car la lignite dans laquelle les troncs étaient ensevelis leur a permis de conserver, non seulement leur position verticale, mais aussi les caractéristiques originales du bois. En effet, il existe des traces qu’ils ont été, par le passé, brûlés et ils pourraient encore être attaqués par des abeilles charpentières. En fait, les troncs n’ont pas été pétrifiés, mais momifiés. Ils sont donc extrêmement vulnérables aux conditions météorologiques et, en considération de leur importance scientifique unique, il est primordial que les responsables du site organisent une protection plus professionnelle et plus efficace que les simples toits en aluminium qui recouvrent actuellement les troncs.

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