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La Fontana delle 99 cannelle est la représentation de la légende qui entoure la fondation de la ville de L’Aquila en 1254. En effet, selon la tradition, cent seigneurs de cent châteaux des Abruzzes se réunirent pour fonder une nouvelle ville. Chaque seigneur devait réaliser un quartier, une place, une église et une fontaine, mais au dernier moment l’un d’eux se retira. Les 99 autres poursuivirent leur projet avec 99 quartiers, 99 places, 99 églises et 99 fontaines. Aujourd’hui encore, la cloche de la Torre civica de L’Aquila sonne quotidiennement 99 coups pour rappeler le chiffre symbolique de la cité. Toujours selon la légende, lorsque l’architecte Tancredi da Pentima construisit la fontaine en 1272, il arrangea 99 jets d’eau pour honorer les 99 souverains. Trancredi aurait plus tard été exécuté, mais l’histoire est floue à ce sujet: était-ce parce qu’il refusait de divulguer l’endroit exact d’où jaillissait la source qui alimentait la fontaine? était-ce au contraire pour l’empêcher de le divulguer? ou était-ce parce qu’il aurait accepté de construire une fontaine similaire ailleurs? Nous ne le saurons jamais, comme nous ne savons toujours pas si la pierre centrale au milieu de la fontaine lui a servi de tombeau.

La réalité est plus complexe. Il semblerait que Trancredi n’ait construit que le mur situé en face de l’entrée et que l’aspect actuel de la fontaine remonte entièrement au XVe siècle. L’ensemble de la fontaine forme un quadrilatère orienté sur les points cardinaux. Trois côtés ont des murs de pierres roses et blanches, disposées en damier, qui proviennent de la carrière de Genzano di Sassa et qui ont été utilisées dans la plupart des monuments de L’Aquila de cette époque. Le quatrième côté est ouvert, en contrebas des marches qui mènent à l’église San Vito alla Rivera. Les jets d’eau sortent de 93 mascarons en pierre, tous différents, censés représenter les fondateurs de la cité et séparés par des panneaux rectangulaires sculptés de fleurs, sauf un qui est sculpté d’une rosette et cinq qui sont vides. Ces derniers représenteraient les cinq plaies du Christ, alors que la rosette symboliserait le cycle de la vie et l’éternité. Près de l’entrée se trouvent 6 cannelles simples, sans réelle utilité, qui auraient été ajoutées plus tard pour alimenter la légende. Un des mascarons se différencie des autres, car il représente un homme à tête de poisson, référence à un conte de fées médiéval connu sous le nom de Colapesce qui raconte l’histoire entre un pécheur et l’empereur du Saint-Empire Frédéric II.

Au XVIe siècle, cinq bassins furent ajoutés, sur différents niveaux et légèrement décalés les uns par rapport aux autres, permettant ainsi le lavage du linge.

La fontaine fut endommagée lors des tremblements de terre de 1703 et 1706 et on peut maintenant voir des mascarons de style baroque qui proviennent de la restauration du XVIIIe siècle. Lors du tremblement de terre d’avril 2009, la fontaine ne subit que des dégâts mineurs. Elle a néanmoins fait l’objet de très importants travaux de restauration pour consolider sa structure. Depuis décembre 2010, elle est à nouveau ouverte au public.

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