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Arrigo Boito est né en 1842 à Padoue dans une famille d’intellectuels passionnée d’art et de culture. Après ses écoles primaires à Venise, Arrigo étudia le piano, le violon et la composition musicale au Conservatoire de Milan. Il y rencontra le futur compositeur Alberto Mazzucato avec lequel il devint ami. Dans ses jeunes années, il fréquenta les milieux de la scapigliature milanaise, un mouvement qui s’apparentait à la bohème française.

Lors de l’unification de l’Italie, en 1860, il composa, avec son ami et compositeur Franco Faccio, une cantate patriotique (Il quattro Giugno) et un drame musical (Le Sorelle d’Italia) et s’engagea aux côtés de Garibaldi. En remerciement, le roi Victor-Emmanuel II leur octroya une bourse qui leur permit de voyager à travers l’Europe. Boito s’arrêta à Paris où il rencontra Hector Berlioz, Gioachino Rossini et Giuseppe Verdi pour lequel il écrivit le texte de l’Inno delle nazioni, joué lors de l’Exposition universelle de Londres en 1862.

En 1862, il quitta Paris pour la Pologne, patrie de sa mère, la comtesse Josefa Radolinska, et il y écrivit son premier livret d’opéra, Amleto, selon la tragédie de Shakepeare, sur une composition musicale de Faccio. De retour à Milan, il devint l’ami de l’écrivain Emilio Praga et rejoignit le mouvement littéraire Scapigliatura dont il deviendra rapidement un des principaux chefs de file. C’est à cette époque qu’il écrivit plusieurs poèmes, qui seront plus tard rassemblés dans son fameux Il libro dei versi, et publia ce qui est considéré comme son oeuvre la plus originale, le conte fantastique Re Orso. Il fut également très actif en tant que critique de théâtre et de concerts et exprima, dans le magazine le Figaro qu’il avait fondé et dirigé en 1864, ses principes pour la réforme de l’opéra italien, un peu semblables à ceux de Richard Wagner, compositeur avec lequel il entretint une relation où se mélangeaient l’admiration enthousiaste et le rejet véhément. En 1864, il fonda, avec d’autres “amateurs de bonne musique”, la Società del quartetto di Milano. Entre 1867 et 1874, il publia un certain nombre de nouvelles, Le Fou noir et Le Poing fermé notamment.

Il interrompit ses activités littéraires en 1866, lorsqu’il s’engagea aux côtés de Giuseppe Garibaldi dans la guerre italo-autrichienne pour la libération des derniers territoires de la péninsule sous domination autrichienne.

Son opéra, Mefistofele, dont il a écrivit à la fois la musique, qui rompt avec la tradition italienne du bel canto, et le livret, qui suit de façon très fidèle le Faust de Goethe, fut joué pour la première fois le 5 mars 1868 à la Scala et fut perçu très négativement par le public et les critiques à cause de son “wagnerisme”. L’opéra fut retiré de l’affiche après deux représentation. Verdi dira de Boito qu’il “aspire à l’originalité, mais réussit seulement à être étrange”. Boito retravailla son opéra (il effectua des coupes et changea la partie de Faust de baryton en ténor) et la nouvelle version fut jouée en 1875 au théâtre communal de Bologne. Le succès fut énorme et l’opéra fut joué dans toute l’Italie, ainsi qu’à l’étranger. C’est la seule oeuvre de Boito qui soit jouée avec régularité encore de nos jours. Le Prologue, où Méphistophélès lance le défi de conquérir l’âme de Faust, est un morceau très prisé des salles de concerts.

En dehors de Mefistofele, Boito écrivit peu de musique. Il laissa à sa mort un opéra inachevé, Nerone, dont le livret est considéré comme un chef-d’oeuvre et dont la partie musicale sera terminée, entre autres, par Arturo Toscanini. La première fut jouée en 1924 à la Scala, dirigée par Toscanini, et connut un immense succès. Pourtant, l’oeuvre ne sera jouée que très rarement depuis.

A partir de 1870, Boito se consacra principalement à la composition de livrets d’opéra, presque toujours signés sous le pseudonyme Tobia Gorrio, anagramme de son nom. On lui doit La Gioconda pour Amilcare Ponchielli, Ero e Leandro pour Giovanni Bottesini, Pier Luigi Farnese pour Costantino Palumbo, La falce pour Alfredo Catalani et Un tramonto pour Gaetano Coronaro. Malgré des débuts quelques peu houleux, il entretint une amitié profonde et sincère avec Verdi pour lequel il composa les livrets d’Otello et de Falstaff et remania le livret de Simon Boccanegra.

De 1887 à 1898, Boito entretint une relation intense avec la célèbre actrice Eleonora Duse et traduisit pour elle les drames de Shakespeare Antony and CleopatraRomeo and Juliet, et Macbeth.

De 1890 à 1891, il fut directeur honoraire du Conservatoire de Parme qui porte maintenant son nom; en 1893, il fut fait docteur honoris causa des universités de Cambridge et Oxford et, en 1912, il fut nommé sénateur par le roi d’Italie.

Il mourut à Milan en 1918 d’une angine de poitrine et fut enterré au Cimitero Monumentale di Milano. Un concert dirigé par Toscanini sera donné à la Scala en son honneur en 1948.

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