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Antonio Meucci est un inventeur italien, naturalisé américain, qui inventa un appareil de communication vocale reconnu par certains pour être le premier téléphone.

Né en 1808 à Florence, il fit ses études à l’Académie des Beaux-Arts où il étudia la chimie et le génie mécanique. Il dut cependant interrompre ses études, faute de moyens, et travailla d’abord comme employé des douanes, puis trouva un emploi au Teatro della Pergola comme technicien de scène. Vers 1833-1834, il fut arrêté et emprisonné pendant quelques mois suite à ses activités clandestines au sein du mouvement du Risorgimento. En 1834, il développa un type de téléphone acoustique pour communiquer entre la scène et la salle technique, selon le principe des téléphones tubulaires utilisés sur les bateaux. La même année, il se maria avec la costumière du théâtre, Esterre Mochi.

En octobre 1835, Meucci émigra à Cuba où il trouva un travail à la construction du Grand Théâtre de la Havane. Il travailla ensuite chez un professeur pour développer une méthode de traitement de certaines maladies par électrochocs, tout en poursuivant ses recherches sur le ”telegrafo parlante”. A la fin des années 40, ses amitiés avec les révolutionnaires italiens le rendant impopulaire auprès des autorités cubaines, il décida de partir aux Etats-Unis.

Le couple s’installa dans l’état de New York vers 1850 et ouvrit une fabrique de bougies de suif. Ils accueillaient régulièrement leurs compatriotes révolutionnaires qui fuyaient l’Italie, en particulier Giuseppe Garibaldi qui vécut et travailla avec eux pendant plusieurs mois. Meucci continuait à étudier les principes de la transmission électromagnétique vocale et, en 1856, il construisit un premier appareil qui lui permettait de communiquer entre son atelier et la chambre de sa femme, devenue invalide suite à un rhumatisme inflammatoire. Son appareil était une version électromagnétique, et non acoustique, basée sur la transmission de la voix par un courant électrique continu. Entre 1856 et 1860, il améliora son invention et construisit une trentaine de prototypes.

Entre temps, ses finances s’étaient détériorées, sa fabrique de bougies était au bord de la faillite et il chercha des investisseurs pour financer ses recherches. La situation politique instable en Italie n’était pas propice aux investissements et les riches familles italiennes de New York lui refusèrent leur aide. En 1861, sa maison fut mise aux enchères, mais heureusement le couple fut autorisé à y rester sans payer de loyer. Meucci vécut grâce à des allocations publiques et à l’aide de quelques amis, en particulier William E. Ryder qui continuait à investir dans ses recherches.

En août 1870, il construisit un appareil, qu’il appella le “telettrofono”, qui lui permit de capturer la transmission d’une voix audible à plus d’un kilomètre de distance à l’aide d’un cordon de cuivre isolé dans du coton. Il fonda alors, le 12 décembre 1871, la Telettrofono Company avec Angelo Zilio Grandi (secrétaire du consulat italien à New York), Angelo Antonio Tremeschin (entrepreneur) et Sereno G. P. Breguglia Tremeschin (homme d’affaires), et le 28 décembre, il protègea son invention par la demande d’un brevet temporaire, moins cher qu’un brevet définitif.

Ici commence la controverse qui accompagne encore de nos jours la paternité de l’invention du téléphone. Pendant l’été 1872, Meucci essaya de vendre son invention à Edward B. Grant, vice-président de l’American District Telegraph Co. of New York auquel il donna une description, avec les plans, du Telettrofono et la copie de son brevet. Grant lui proposa d’entreposer son matériel chez lui et d’y poursuivre ses recherches, mais il repoussa sans cesse la date de la démonstration. Après deux ans, Meucci lui demanda de lui rendre ses documents, mais Grant lui aurait répondu qu’il les avait perdus. C’est pendant ces deux années qu’Alexander Graham Bell aurait volé l’invention de Meucci, car il aurait travaillé dans le laboratoire où Meucci avait entreposé ses appareils.

En 1875, Meucci finit par perdre ses droits sur son invention, ne pouvant, par manque de moyens, renouveler l’avertissement du brevet et, en mars 1876, Bell déposa le brevet du téléphone. Face à la richesse et à la puissance grandissante de Bell, les protestations de Meucci furent vaines. Plusieurs procès s’ouvrirent contre la Bell Telephone Company pour diverses accusations de fraude et d’ententes illicites, mais Meucci n’avait pas les moyens de son adversaire et sa défense n’était composée que d’un seul avocat, Joe Melli, un orphelin que Meucci considèrait comme son fils. Le procès dura jusqu’en 1889, date à laquelle la mort de Meucci mit fin aux procédures, sans que la paternité de l’invention du téléphone lui soit reconnue.

Jusqu’en 1989, personne n’avait officiellement remis en question la paternité de Bell sur l’invention du téléphone. Cette année-là, Basilio Catania, ancien directeur général de la CSELT (l’agence de recherche et de développement des télécoms italiennes), découvrit les travaux d’Antonio Meucci, alors qu’il était technicien de scène du Teatro della Pergola à Florence. Il se lança alors sur les traces de Meucci, en Italie, à Cuba et aux Etats-Unis, et il réunit suffisamment de documents pour alerter le grand-public et, en particulier, la communauté italo-américaine de New York, qui réussit à convaincre le maire Rudolf Giuliani de réhabiliter Meucci en faisant du 1er mai 2000, le Meucci Day. Le 11 juin 2002, sur l’initiative du représentant Vito Fossella, la Chambre des Représentants des Etats-Unis passa une résolution affirmant que “the life and achievements of Antonio Meucci should be recognized, and his work in the invention of the telephone should be acknowledged.” Dans son préambule, la résolution dit que si Meucci avait été capable de payer les $10 nécessaires pour maintenir son brevet temporaire, aucun brevet n’aurait été délivré à Bell.

L’Ordine Figli d’Italia in America a transformé la maison de Meucci à Staten Island en un musée dédié à Meucci et à Garibaldi. A l’intérieur, on peut y voir certains de ses prototypes, ses plans et ses descriptions, ainsi que des photos de sa vie. Le musée des Postes et des Télécommunications de Rome expose également certains de ses appareils.

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