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Andrea di Pietro della Gondola, dit Andrea Palladio est né à Padoue en 1508 d’une famille modeste. A l’âge de 13 ans, il entra pour 6 ans en apprentissage chez un tailleur de pierre, mais quelques années plus tard, sa famille déménagea à Vicenza. En 1524, il y était déjà inscrit dans la guilde des maçons. Pendant douze ans, il travailla dans l’atelier de l’architecte Giovanni di Giacomo et il étudia la sculpture avec Girolamo Pittoni.

En 1535, alors qu’il travaillait sur le chantier de la villa Cricoli, il rencontra le comte Giangiorgio Trissino qui le prit sous son aile et le poussa à se perfectionner dans les arts libéraux et l’humanisme. C’est Trissino qui lui donnera son surnom, tiré de la déesse grecque de la sagesse, Pallas Athena, protectrice des sciences et des arts. Le comte l’emmena à Rome où Palladio découvrit l’architecte romain Vitruve. A son retour à Vicenza, Palladio se plongea dans l’étude de l’architecture et de la littérature romaine, en même temps qu’il construisit ses premières oeuvres significatives. A la mort de son mentor, en 1550, Palladio se lia avec le Patriarche d’Aquilée, Daniele Barbaro, qui encouragea ses études de la littérature classique et l’emmena à Rome en 1554, et avec son frère Marcantonio Barbaro, diplomate de la République de Venise. Grâce à leur influence, il commença  à travailler pour la Sérénissime, en particulier dans le domaine des édifices religieux. En 1570, il fut nommé au poste prestigieux de Proto della Serenissima (architecte en chef de la république vénitienne).

Sur l’ensemble de sa vie, Palladio a dessiné, construit ou reconstruit une soixantaine d’édifices, principalement en Vénétie. Certains ont été construits après sa mort, mais selon ses plans précis. Son style, appelé palladien, est profondément marqué par les principes de l’architecture romaine ancienne. Il est surtout connu pour ses villas de campagne dans les environs de Vicenza, mais il a également construit des palais citadins, des églises et des ponts. Une trentaine de ses oeuvres font partie du patrimoine mondial de l’UNESCO (Ville de Vicence et les villas de Palladio en Vénétie).

Ses oeuvres les plus admirées sont le Teatro Olimpico, considéré comme le premier théâtre couvert permanent de l’époque moderne, le palais municipal, dit la Basilica Palladiana, la Loggia del Capitanio construite pour le représentant de la République de Venise auprès de la ville, le Ponte degli Alpini à Bassano del Grappa, la Villa Barbaro à Maser construite pour les frères Barbaro, et la Villa Almerico Capra, dite la Rotonda.

Une contribution essentielle de Palladio est son traité I quattro libri dell’architettura, publié à Venise en 1570, qui définit les ordres classiques d’architecture et la conception de villas, des palais et des ponts publics en bois ou en maçonnerie. Avec les traités de Jacopo Barozzi da Vignola, il s’agit du plus célèbre de tous les traités architecturaux de la Renaissance. Les dessins et les proportions stylistiques et formelles contenues dans ce traité ont influencé de façon significative toutes les oeuvres ultérieures d’architecture, du siècle des Lumières au XIXe siècle, jusqu’à la naissance du mouvement moderne au début du XXe siècle. Palladium, dans ce traité, développa la théorie des proportions architecturales déjà présente dans le traité De Architectura de Vitruve dont Palladio avait publié une édition illustrée en 1567 en collaboration avec Daniele Barbaro. Selon Palladio, la taille d’un édifice public ou d’une maison, ainsi que ses éléments structuraux (arcs, poutres, colonnes) et ses éléments stylistiques (chapiteaux, frises, balustrades, décorations), peuvent être définis grâce aux tableaux de proportion contenus dans le traité. Ainsi, le diamètre d’une colonne va influencer sa hauteur, la longueur de sa travée et son chapiteau. Cette manière de présenter les aspects formels et esthétiques des éléments architecturaux, fixés avec précision, est appelée la théorie des proportions.

Palladio est décédé en 1580 à 71 ans. Les circonstances de sa mort restent inconnues: on ne sait ni la cause, ni la date exacte, ni le lieu. Ses funérailles furent célébrées discrètement à Vicenza, où l’architecte a été enterré à l’église de la Sainte Couronne. En 1844, son corps a été déplacé dans une chapelle qui lui est consacrée dans le cimetière de Vicenza.

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