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Eugenio Balzan est né à Badia Polesine en 1874 dans une famille de propriétaires terriens. En septembre 1882, sa famille fut ruinée à cause des inondations de la plaine de l’Adige et il connut une jeunesse difficile.

En 1897, il commença à travailler au Corriere della Sera à Milan. De correcteur, il monta rapidement les échelons: il devint journaliste, puis rédacteur, puis envoyé spécial aux Etats-Unis où il signa une série d’article sur les immigrés italiens.

A partir de 1903, Balzan acquit des parts dans le journal. Il devint le bras droit du directeur, Luigi Albertini, et contribua à la croissance économique du journal, qui passa de 75’000 copies en 1900 à 600’000 en 1920, en améliorant les réseaux publicitaires et de distribution, et en introduisant des machines rotatives de meilleure performance. Le journal s’attacha des noms prestigieux de la culture italienne, comme Luigi Pirandello et Gabriele D’Annunzio. Grâce à ses initiatives, le groupe publia également des suppléments hebdomadaires et mensuels, entre autres La Domenica del Corriere et le Corriere dei Piccoli, le premier périodique italien à publier des bandes dessinées.

Sous la pression fasciste, la lutte pour l’indépendance éditoriale du journal commença. Le 27 octobre 1922, la veille de la Marche sur Rome, Benito Mussolini demanda personnellement à Albertini de maintenir une ligne neutre le lendemain, mais Albertini refusa. Par représailles, le commandement militaire fasciste à Milan ordonna la fermeture des imprimantes et empêcha ainsi la sortie du journal le 28 octobre. Suite à l’assassinat de Giacomo Matteotti en juin 1924, le journal représentait la plus importante voix indépendante contre le régime et son tirage était de 800’000 copies les jours de semaine et de 1’000’000 le dimanche. Des saisies du journal furent régulièrement effectuées sur l’ensemble du pays. Albertini s’opposa de plus en plus à Mussolini, soit à travers le journal, soit à travers son siège au parlement, et en 1925, il fut obligé de démissionner de la direction du “Corriere” et de céder ses parts aux frères Crespi qui devinrent actionnaires majoritaires.

A sa suite partit la majorité de l’équipe éditoriale, mais Balzan choisit de rester. Il était tiraillé entre les avantages de sa position et le contexte politique qui l’entourait. Accusé d’être anti-fasciste, il utilisa son amitié avec le frère du Duce, Arnaldo Mussolini, comme protection. Lorsque ce dernier décéda subitement en 1931, les pressions se firent de plus en plus fortes et Balzan démissionna en 1933. Il se réfugia en Suisse où il partagea son temps entre Zurich et Lugano. Il ne revint en Italie qu’en 1950, mais sans s’y installer, et il mourut à Lugano en 1953.

Sa fille, Angela Lina Balzan, utilisa sa fortune pour créer une fondation à son nom qui récompense les actes scientifiques et culturels, ainsi que l’engagement humanitaire en faveur de la paix, dans le monde entier. Chaque année, la Fondation internationale Premio Balzan choisit les domaines qui seront récompensés l’année suivante et détermine le montant des prix qui sont remis à l’occasion d’une cérémonie organisée alternativement à Berne et à Rome. Les prix vont au-delà des sujets classiques, avec un accent particulier sur la recherche innovative, et régulièrement le prix humanité, paix et fraternité entre les peuples est décerné.

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