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Asiago est un petit village de montagne situé sur le haut-plateau des Sept-Communes, au nord de Vicenza. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, on y parlait le couramment le cimbre, un dialecte d’origine germanique, apparenté au bavarois, aujourd’hui presque disparu.

Au début du XIIIe siècle, les habitants choisirent le camp des gibelins en soutenant Ezzelino da Romano. Mais à sa mort, en 1259, Asiago et six autres communes se regroupèrent dans ce qui devint formellement, en 1310, la Fédération des Sept-Communes (Spettabile Reggenza dei Sette Comuni) avec Asiago comme chef-lieu et dont le gouvernement était composé de 14 régents, deux par commune. Sa devise était: Asiago e Lusiana – Enego e Foza – Gallio, Rotzo, Roana: Questi sono i Sette Antichi Comuni, Fratelli cari, et le premier article de ses statuts (l bene del popolo è il bene della Reggenza e il bene della Reggenza è il bene del popolo) montre qu’elle était organisée selon les modèles germanique et helvétique, à savoir que les forêts, pâturages et eaux appartenaient collectivement à la communauté. Très vite, en 1327, elle dut demander la protection de la famille della Scala de Vérone, afin de se protéger contre les prétentions de Vicenza qui voulait la soumettre. En 1387, la Fédération passa sous la protection des Visconti de Milan, mais ces derniers ne respectèrent pas son autonomie, ce qui la força à se chercher un nouvel allié.

C’est ainsi qu’en 1405, elle forma une alliance avec la République de Venise qui dura quatre siècles. En échange de la garantie de sa pleine autonomie et du respect de ses coutumes, la Fédération s’engageait à défendre la frontière septentrionale de la Sérénissime, à assurer le recrutement des volontaires des chasseurs alpins et à fournir du bois et du charbon à l’Arsenal de Venise. Dès le milieu du XVe siècle, les grandes familles du haut-plateau durent défendre les frontières contre les attaques des Autrichiens et certains de leurs membres devinrent même officiers dans l’armée régulière vénitienne. Leur valeur fut particulièrement mise à contribution lors des luttes entre Venise et la Ligue de Cambrai en 1509. Au début du XVII, une milice locale régulière fut créée, avec le soutien des Vénitiens, pour la défense exclusive de son territoire. Son ultime intervention fut contre les troupes de Napoléon Bonaparte à Vérone.

La République de Venise tomba le 22 mai 1797 et la Fédération dix ans plus tard, le 29 juin 1807, pour être intégrée dans les territoires occupés par la France. Ainsi se termina l’histoire du plus petit état européen et un des plus vieux avec la Confédération helvétique.

Mais l’histoire militaire d’Asiago ne s’arrête pas là. Lors de la Première Guerre mondiale, en mai 1916, malgré la résistance acharnée des Alpini, les forces austro-hongroises occupèrent le plateau des Sept-Communes et rasèrent complètement la ville qui dut être reconstruite à la fin des hostilités. L’importance stratégique du plateau était telle qu’on a estimé que, sur l’ensemble de la guerre, le plateau aurait reçu un million et demi de tonnes de bombes et qu’il y aurait eu plus d’un million d’hommes engagés dans les combats, faisant un total de 55’000 morts. La récupération des munitions non explosées a duré jusque dans les années 70.

En septembre 1943, lorsque l’Italie déclara la guerre à l’Allemagne, presque tous les habitants du plateau choisirent la résistance contre l’Allemagne. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Asiago fut parmi les villes décorées pour bravoure pendant la guerre de libération, après avoir reçu la médaille d’argent à la valeur militaire pour le sacrifice de ses habitants et ses activités dans la résistance.

Actuellement, les sept communes sont en train de planifier leur détachement de la région du Veneto et leur intégration à la province autonome de Trento, suite à un référendum approuvé par 94% de la population en 2006.

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